Zones d'ombre

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« Nous voulions un contrôle spécifique. Et voilà… » Ce cri du cœur émane de parents en colère ; des parents déjà profondément meurtris par l'affaire de pédophilie qui a touché la petite école du Mas de la Raz à Villefontaine (Isère) en mars 2015. En apprenant cette semaine le suicide de l’ex-directeur, Romain Farina, mis en examen pour viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineurs et détention d’images à caractère pédopornographique, ces victimes - grandes et petites - ont vu un nouveau voile obombrer une cicatrice toujours ouverte. Placé dans le quartier d’isolement de la maison d’arrêt de Corbas (Rhône), l’homme s’est pendu dans sa cellule. Engagés dans un processus de reconstruction lent et incertain, les parents et leurs progénitures ont donc subi un second traumatisme et dénoncent, à la fois véhéments et désabusés, les « carences de l’administration pénitentiaire ». Rappelons que Romain Farina a été condamné, en 2008, à six mois de prison avec sursis pour recel d’images à caractère pédopornographique sans que l’Education nationale n’en soit informée. Pour les familles, après la Justice et l’Education nationale, l’administration pénitentiaire s’avère une nouvelle institution défaillante. Pourtant, selon la direction de la prison, outre les rondes réglementaires, il existe bien des surveillances spécifiques pour des détenus identifiés. L’enquête diligentée par le Parquet de Lyon devra faire la lumière sur cette affaire qui, ironie de l’histoire, se loge entre l’adoption, à l’unanimité, par l’Assemblée nationale du projet de loi relatif à l’information de l’administration par l’autorité judiciaire et à la protection des mineurs, dit « Villefontaine » et porté par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, et sa lecture définitive au Sénat.
De contrôles, il en est question cette semaine avec la tornade « Panama Papers » qui fait vaciller des pratiques routinières dans une économie mondialisée, tout un système assis sur les paradis fiscaux, ces antres de la « finance de l’ombre ». Dans la pléthorique base de données, quelques grands noms du secteur bancaire, mais pas simplement… Sur le territoire domestique, les services fiscaux ont également renforcé leurs contrôles et tissé une toile efficiente afin de récupérer une partie des six à sept milliards d’euros estimés de cotisations non payées. Selon l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale, environ 460 M€ ont été récupérés par les agents de l’Urssaf suite à des redressements pour travail dissimulé infligés aux entreprises laxistes.
Alors que les contrôles aux frontières ont été rétablis au sein même de l’espace Schengen, ils ont été renforcés dans des lieux de transit dits sensibles, à l’instar des aéroports. Celui de Lyon-Saint Exupéry n’échappe pas au mouvement. Effectués « aux abords de l’aéroport et dans les terminaux », les contrôles d’identité seront assurés, comme l’a confirmé le préfet du Rhône, Michel Delpuech, par des effectifs bénéficiant du renfort de 120 fonctionnaires et militaires supplémentaires. Dans le but d’assurer la sécurité de tous. Voilà en tout cas un objectif partagé par la Direction départementale de protection de la population (DDPP) chargée de réaliser, à la demande du plus haut représentant de l’Etat, des contrôles supplémentaires dans les deux abattoirs permanents d’animaux de boucherie exploités dans le Rhône : Cibevial à Corbas et Secat à Saint-Romain-de-Popey. Inopinés, ces contrôles concerneront toutes les étapes du processus, depuis le déchargement des animaux jusqu’à leur abattage. Si la DDPP précise qu’à ce jour, « aucun manquement à la législation n’a été mis en évidence dans les abattoirs inspectés », les récentes révélations et vidéos de l’association de protection animale L214 incitent les sociétés à jouer le jeu de la transparence et les autorités à tout mettre en œuvre pour dissiper les zones d’ombre.


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