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Zilli tient le choc

Confronté à l'effondrement des marchés « russes », le groupe familial lyonnais réduit la voilure, se diversifie dans les lunettes et se prépare au e-commerce
Zilli tient le choc
Alain Schimel, Pdg-fondateur de Zilli : "Je suis un marchand de bonheur"

EconomieIndustrie Publié le ,

La chute du prix du baril de pétrole, la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie affectent les pays de la CEI, marché de prédilection de Zilli. Depuis 2014, les ventes ont chuté de près de 40 %, passant de 100 M€ à 61,7 M€ pour l’exercice 2015. « Il ne faut pas croire au Père Noël. L’activité ne repartira pas de sitôt », anticipe Alain Schimel. Mais Zilli est toujours là ! Et je ne suis pas en sauvegarde ». A Paris, sur le Triangle d’or déserté par les hauts contributeurs depuis les attentats, les choses ne vont pas mieux. Depuis novembre dernier, le chiffre d’affaires a reculé de 3 M€, soit un repli de 20 %.


Face à l’adversité, le Pdg-fondateur du groupe lyonnais d’habillement masculin de luxe, qui emploie 340 collaborateurs, dont 180 en France (81 en production à Lyon), ne baisse pas les bras. La vente de certains actifs immobiliers, la réduction de 12 à 8 du nombre de magasins en propre et la baisse des charges permettent de maintenir le cap en attendant un retour à bonne fortune. Les carnets de commandes dégarnis imposent des suppressions de postes. Zilli vient de présenter un PSE (projet de sauvegarde de l’emploi) qui concerne 36 collaborateurs, principalement dans les ateliers lyonnais.


A cette stratégie défensive répond la conquête de nouveaux marchés. A Moscou, Zilli vient de signer un partenariat avec le groupe Mercury. Une boutique dans l’aéroport de Nice ouvrira à l’automne, une autre est en négociation à Abu-Dhabi. Alain Schimel évoque même une enseigne à Bagdad. A la rentrée, la clientèle pourra s’équiper en lunettes (vue et solaires), griffées à la marque Zilli. Les premières collections sortiront au printemps prochain. Mais le tournant le plus significatif concerne le e-commerce, « qui malheureusement n’a pas été mis en place en temps voulu ». Le groupe travaille sur un projet qui devrait voir le jour en 2017. Chiffe d’affaires escompté la première année, « l’équivalent d’une de nos grandes boutiques, soit 6 M€ », annonce le dirigeant.


Zilli a les reins solides pour affronter la tempête pendant encore six mois. Et après ? « Si la reprise n’est pas au rendez-vous, il va falloir passer à table » Comprendre par là que Alain Schimel n’écarte pas l’idée d’ouvrir le capital que, avec sa famille, il contrôle à 100 %.

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