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Yoko Ono au Musée d'art contemporain de Lyon

Yoko Ono au Musée d'art contemporain de Lyon
Bjarke Orsted - En Trance, 1997. Exposition Half-A-Wind Show, Louisana Museum of Modern Art, 2013

CultureExposition Publié le ,

L’un des quatre Beatles, John Lennon, s’amusait à qualifier sa femme Yoko Ono « d’artiste inconnue la plus célèbre du monde. Tout le monde la connaît mais personne ne sait ce qu’elle fait » ! Justice est faite depuis quelques années ; le MAC de Lyon présente aujourd’hui et jusqu’en juillet « Lumière de l’aube », la première rétrospective française de cette artiste américaine d’origine japonaise qui réunit ses œuvres « expérimentales » composées entre 1952 et 2016.

Musicienne, plasticienne, vidéaste et activiste pour la paix dans le monde et pour l’égalité des sexes, son œuvre conceptuelle approche tout autant la poésie des textes qui sont de simples mots écrits sur des feuillets exposés, que des installations ou des performances qui peuvent s’exposer n’importe où puisque l’on peut les interpréter différemment

Yoko Ono a grandi dans les milieux avant-gardistes new-yorkais de la fin des années 50. Très vite influencée par le travail de son mentor, le compositeur et plasticien John Cage, elle se rapproche du mouvement d’art contemporain Fluxus dont elle s’inspire pour supprimer les barrières qui séparent la création artistique et la vie. Son travail s’ingénie dès lors à déconstruire l’art tel qu’on le conçoit habituellement.

L’inutilité des guerres, la lumière, le ciel, le rêve…

Le titre de l’exposition, « Lumière de l’aube », englobe le mot « Lumière », un mot clé dans l’œuvre de Yoko Ono. Au-travers ses créations, l’artiste encourage les visiteurs à réfléchir sur le monde et les choses qui les entourent, avec des films (Fly - Bottoms - Rape), des installations, des participations, des vidéos, des instructions et des performances (Cut Piece - 1964-65), toutes ces œuvres pouvant se voir sous différentes formes, en permettant ainsi toutes les interprétations.

L’exposition occupe les trois étages du musée, chaque niveau illustrant des thèmes chers à l’artiste : l’inutilité des guerres, la lumière, le ciel, le rêve, l’eau… Tout y est blanc et les salles sont baignées dans l’ambiance sonore d’une voix monocorde accompagnée parfois par des mélodies.

En commençant le parcours, le visiteur est accueilli au premier étage par la grande installation blanche Play It By Trust 1966/1997, consacrée au jeu d’échec. Sur les murs de la salle des toiles peintes (Painting for the wind, 1961), des textes. Un peu plus loin, des casques militaires suspendus au plafond voisinent avec un ensemble de portes verticales qui délimite un itinéraire imaginaire symbolisant les épreuves de la vie. Trois gros tas de graviers s’étalent sur le sol.

« Respire »

A l’arrivée de l’ascenseur au niveau supérieur, le mot « Respire » inscrit en gros caractères sur un panneau, conseille aux visiteurs de s’évader du carcan que la société leur impose. Six « instructions » pour films et quelques autres pour photographies sont accrochées sur le pourtour des salles. Notons aussi la vidéo sonore Cricket de 1998 et la grande affiche « War is over ! if you want it » réalisée avec John Lennon. L’installation Wish Trees (1990), porteuse de messages, est composée d’un ensemble d’arbres feuillus ou morts, plantés dans des caisses en bois brut. Pour terminer, un grand labyrinthe en plexiglas Amaze (1971), trône au centre d’une des salles, en proposant au public d’entrer mais après s’être déchaussé !

Au troisième niveau, quelques grandes tables blanches et des bancs sont installés dans une salle aux murs blancs. Ils invitent les visiteurs à s’asseoiret à recoller les morceaux de vaisselle blanche cassée exposée sur les rayonnages vides de la pièce. Enfin 51 petites impressions numériques alignées sur un des mur de la dernière salle : An InvisibleFlower (1952,) avec le texte qui raconte l’histoire. L’ambiance sonore devient alors plus présente, plus forte, allant même jusqu’au cri.

La visite terminée, le visiteur reste quelque peu décontenancé par cette exposition qui l’invite à participer, à « pratiquer » et à « entendre » l’œuvre inclassable de Yoko Ono.

Consacrée à Venise lors de la 53e Biennale d’art contemporainavec le prix du « Lion d’Or » en 2007, elle traduit l’état d’esprit et la quête d’innovations et d’expérimentations de l’artiste au cours de ses 64 années de création. Cependant son travail obsessionnel semble aujourd’hui un peu dépassé, se renouvelant peu depuis quelques années. Sa démarche est certes très intéressante, mais son rejet de tous les critères de ce que l’on appelle communément l’art, déroute le visiteur quicherche en vain tout au long de la visite, le sens et le fil conducteur de cette présentation.

Musée d’art contemporain, Cité internationale, 81, quai Charles-De-Gaulle, Lyon 6e, jusqu’au 10 juillet 2016, du mercredi au vendredi de 11 h à 18 h, samedi et dimanche de 10 h à 19 h

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