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Yann Frisch, le paradoxe du magicien

Après le très inquiétant Syndrome de Cassandre, son premier spectacle, voici que Yann Frisch s'empare, en bon magicien qui se respecte, des cartes à jouer.
Yann Frisch, le paradoxe du magicien

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Quoi de plus naturel pour quelqu'un qui a décidé de s'interroger sur sa discipline principale, la magie ? Les cartes sont l'objet par excellence du magicien, celles avec lesquelles il s'exerce en premier, puisqu'on peut facilement en avoir un jeu sous la main.

Elles servent « par ailleurs à lire l'avenir, à tuer le temps, à parier son argent » et semble ainsi « recéler d'infinies ressources » précise Yann Frisch dans sa note d'intention. Mais qu'on ne s'attende pas ici à une banale séquence de prestidigitation, le clown triste est d'une tout autre trempe.

D'abord, il installe ses spectateurs et spectatrices dans un camion spécialement conçu pour l'occasion, lui-même posé sur la pelouse de l'esplanade de l'Odéon. Un camion qui le suivra tout au long de ses explorations de questions liées à la magie à travers ce qu'il nomme les « certitudes passagères » pour mieux déconstruire et analyser un art qui retrouve un souffle depuis quelque temps avec la « magie nouvelle » (comme on parlait de nouveau cirque dans les années 80).

Virtuose de la discipline (il a été sacré champion de France de close-up quatre années de suite, puis champion d'Europe et champion du monde en 2012 avec un numéro qui a fait plusieurs millions de vue sur YouTube), la magie est pour lui autant un prétexte qu'un dérivatif pour ausculter le monde et raconter des histoires.

Et surtout démasquer le réel grâce à l'art de l'illusion, comme pour mieux traquer un doute existentiel qu'il questionnait déjà dans son seul en scène précédent, le syndrome de Cassandre, tout en semant le trouble de son auditoire qui n'en croit pas ses yeux. À l'image du mystérieux Paradoxe de Georges du titre, celui du philosophe anglais Georges Edward Moore, résumé par la phrase « il va pleuvoir mais je ne crois pas qu'il pleuvra ». CQFD.

Nuits de Fourvière, 6 au 11 juillet

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