AccueilEconomieIndustrieYann Fèvre perpétue la tradition d'Emile Janique sur un métier de niche

Yann Fèvre perpétue la tradition d'Emile Janique sur un métier de niche

Le dirigeant d'Emile Janique, spécialiste des joints et soufflets en cuir implanté à Lyon-Gerland, vient d'ajouter une nouvelle corde à son arc : le label Entreprise du patrimoine vivant. Pour l'autodidacte, collectionneur de voitures et de motos anciennes, les labels sécurisent et pérennisent l'entreprise.
Yann Fèvre perpétue la tradition d'Emile Janique sur un métier de niche
Stéphanie Polette - Yann Fèvre développe Emile Janique entre tradition et modernité

EconomieIndustrie Publié le ,

« Entreprise du patrimoine vivant : trois mots forts qui prennent tout leur sens chez Emile Janique, lance Yann Fèvre dans un large sourire. Entreprise : nous en sommes une puisque nous employons neuf collaborateurs et réalisons chaque année un chiffre d’affaires de près de 650 000 €. Patrimoine : l’entreprise a été créée en 1896 ; dans les années 30 elle faisait partie des 200 sociétés de cuir embouti alors qu’elle est aujourd’hui unique en France. Vivant : Emile Janique fournit les industriels en joints et soufflets en cuir grâce à un savoir-faire traditionnel, en partie produit à la main par nos compagnons, et en partie grâce aux techniques modernes, avec l’aide de la découpe numérique. » La labellisation, décernée en octobre, s’ajoute à d’autres (Entreprise centenaire, ISO 9001, Artinov 2002), acquises au fil des ans depuis la reprise de l’entreprise par Yann Fèvre en 1993. « J’ai appris, dans les grands groupes dans lesquels j’ai travaillé avant de reprendre l’entreprise, à considérer les labels et les certifications comme des systèmes de management. Si l’on n’avait pas écrit ce que l’on sait faire, nous aurions peut-être perdu les savoir-faire. »
Outre ces certifications, les compétences de l’entreprise sont reconnues par les plus grands industriels. « Eurocopter, Areva, la SNCF ou encore Total ne nous auditent même plus, affirme Yann Fèvre. Nous leur fournissons des pièces en cuir sur mesure. De nombreux équipements contiennent des joints en cuir aux propriétés intéressantes. » Ce matériau noble est naturellement peu inflammable et présente une bonne résistance mécanique. « Les ascenseurs de la tour Eiffel fonctionnent grâce à des joints en cuir Emile Janique, cite Yann Fèvre. Tout comme certains barrages hydroélectriques d’EDF. »
Dans l’atelier de Gerland, « notre industrie non-polluante, restée implantée dans Lyon intramuros, est essentielle à la vie du quartier », les compagnons, issus des métiers de la sellerie ou du moulage, apprennent le métier. « Un compagnon met trois à quatre ans avant d’être autonome, assure Yann Fèvre. Quand ils ont appris notre métier, ils l’aiment et restent. Nous gérons aujourd’hui les départs à la retraite, anticipés par la formation. »
En parallèle de cette activité industrielle, Yann Fèvre a développé la conception de nouveaux produits. « L’entreprise est capable de détourner certaines technologies pour aller sur de nouveaux secteurs, détaille-t-il. Des petites séries de pièces en cuir ont été réalisées pour la bijouterie. Nos techniques de moulage du cuir parfait sans plis intéressent notamment la maroquinerie. » Travaillant un matériau noble, utilisant des techniques manuels couplées aux technologies numériques, Yann Fèvre perpétue la tradition au sein d’Emile Janique tout en s’ouvrant de nouveaux marchés.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?