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William Sabatier, le bandonéon du diable

Le meilleur bandonéoniste français est auvergnat ! Pas si étonnant que cela lorsqu’on sait la place qu’occupe cet instrument, plus généralement l’accordéon, dans une région où les bals populaires jouent les prolongations.

ActualitéSociété Publié le ,

Encore moins lorsqu’on remonte aux origines de cet interprète et arrangeur, de ce musicien résolument populaire. William Sabatier, qui fêtera ses 40 ans le 15 octobre prochain, doit sa passion pour le blues argentin à son père, chanteur, guitariste et joueur de bandonéon dans les bals populaires. « Après la vague des années 1920, le tango est resté très populaire en France où de nombreux orchestres, où l’instrument était souvent joué par l’accordéoniste ou le saxo, le programmaient régulièrement dans les années 1940-50 ». A six ans, comme tout gamin de son âge, William Sabatier rêve de suivre les traces de son père avec qui il fait ses premières gammes. L’apprentissage en famille a ses limites. Dès l’âge de 12 ans, il se tourne vers les enregistrements, écoutant tout ce qu’il trouvait chez les disquaires. « Adolescent, j’ai bouffé du disque, écoutant, réécoutant, reproduisant. Il a fallu repiquer, analyser, synthétiser les styles et apprendre en m’inspirant du Quartetto Cedron, d’Astor Piazzolla, d’Anibal Troilo ou de Juan José Mosalini. J’ai eu mes premières vraies partitions à l’âge de 18 ans. Ce parcours a au moins un avantage, il m’a permis de digérer le feeling, de m’ancrer plus profondément dans la chair du tango. La partition, l’écriture comptent, mais l’émotion a d’autres ressorts ». La rencontre avec Olivier Manoury, bandonéoniste et auvergnat, est déterminante dans le parcours de William Sabatier. « Il m’a transmis une technique instrumentale moderne, la virtuosité et donné des clés pour les arrangements. Un vrai maître », reconnaît cet autodidacte, très sollicité, qui a arrêté ses études avant le Bac. « Une troupe de théâtre m’avait demandé d’écrire une musique et de la jouer sur scène, en direct tous les soirs. Une tournée pourrie que je préfère oublier. Cette rencontre ne changeait rien à la donne. Je savais depuis gamin que je voulais collaborer avec le ‘‘baroqueux’’ argentin Leonardo Garcia Alarcon sur le projet Monteverdi-Piazzolla. Avec Leo, j’ai rencontré un très grand musicien et un ami, avoue William Sabatier. La fréquentation d’une telle personnalité vous rend forcément plus intelligent »/…/



Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5117 du samedi 6 septembre 2014

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