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We love Arabs, attention satire !

Créé en 2013 pour le festival Intimadance de Tel-Aviv et présenté en Avignon 2016, We love Arabs est une irrésistible satire, à l'humour grinçant et noir, qui décortique et se moque aussi bien des clichés de l'art contemporain et de l'art chorégraphique en particulier que des questions raciales et culturelles et des rapports.
We love Arabs, attention satire !
Gadi Dagon - We love Arabs de Hillel Kogan

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Le postulat de départ est de répondre à la commande du festival de produire une pièce de danse « ayant pour visée d'intervenir dans la vie quotidienne du spectateur, d'influer sur sa vision du monde ». Vaste programme que l'assistant du célébrissime chorégraphe israélien, Ohad Naharin n'a pas hésité à relever en le tournant en dérision. C'est l'histoire d'un chorégraphe israélien qui embauche un danseur arabe pour jouer dans une pièce porteuse d'un message de coexistence et de paix... Sauf que déjà, ce n'est pas simple de trouver un danseur arabe ! Et pour cause, Adi Boutrous (celui que joue l'« arabe ») est l'un des rares danseurs arabes israéliens d'Israël. Voilà dont Hillel Kogan qui endosse le rôle du chorégraphe démiurge, tout puissant et forcément ridicule qu'il ne devrait pas être et qu'il se glisse dans la peau du pire des colonisateurs alors qu'il voudrait lui-même dénoncer les préjugés qu'il produit. Ce faisant il égratigne tout ce qui passe avec une jubilation contagieuse. Un humour dévastateur qu'on retrouve aussi bien chez Woody Allen que dans le roman hilarant La lamentation du prépuce de Shalom Auslander et qui fonctionne à merveille pour démonter les clichés. Qu'ils émanent du monde chorégraphique ou de celui des relations entre les peuples. Il faut voir le chorégraphe se moquer de lui-même ou de ses confrères, en se tartinant de Houmos et disant « le houmos est mon visage » ou encore reprenant Adi pendant une impro : « Tu as perdu le bassin... respires. Une explosion dans tout ton corps ». il faut voir aussi que le mouvement parle autant que les mots pour dénoncer les rapports de force et les injustices. À découvrir !

Gallia Valette-Pilenko

Théâtre de la Croix-Rousse, 25 au 28 avril, www.croix-rousse.com

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