Water, l’eau

Deux cents ans après, la funeste bataille de Waterloo, défaite historique des forces impériales contre les troupes anglaises et prussiennes, est ancrée dans toutes les mémoires.

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La date du 18 juin 1815 signe assurément le terme du vol de l’Aigle, qui capitule face aux alliés. En cette journée commémorative du bicentenaire du célèbre affrontement outre-Quiévrain*, quelque 5 000 passionnés, sabres au clair, boutons de manchettes rutilants, chevauchant leurs montures harnachées et sellées, ont procédé à une reconstitution en grande pompe, au pied de la « butte du lion », en banlieue sud de Bruxelles.

Adulé ou honni, Napoléon continue donc de faire couler beaucoup d’encre. Il faut avouer que l’héritage est cyclopéen. Outre de monumentales réalisations architecturales, le petit caporal est à l’origine d’une œuvre législative et administrative considérable, comme en attestent le Code civil ou le cadastre éponyme. D’un inventaire à la Prévert, relevons la création du premier conseil de prud’hommes à Lyon le 18 mars 1806 (21 germinal an IX) ; celle, la même année, de l’Université, socle majeur pour les établissements d’enseignement supérieur actuels ; la fondation, en septembre 1807, de la Cour des comptes ; ou encore la promulgation, le 12 février 1810, du Code pénal.

Par décret en date du 17 mars 1808, le plus connu des Ajacciens a donné naissance au baccalauréat, qui revient avec une certaine acuité dans l’actualité de cette semaine. Environ 24 000 candidats de l’académie de Lyon (684 734 au plan national), inscrits en filières générale et technologique, planchent cette année. Evoqueront-ils, dans leurs rédactions, cet homme qui fascine et intrigue ? En tous cas, la matière est abondante. L’historien Jean Tulard, éminent spécialiste de Napoléon Ier, estime qu’il se publie, en moyenne, un livre ou un article quotidiennement sur lui : « On dénombre 80 000 titres consacrés à l’Empereur. Soit plus d’écrits que de jours depuis sa mort ». Un miracle littéraire qui le positionne juste derrière Jésus.

Pour beaucoup, un sujet d’étude moins abstrus que le sempiternel pensum mathématique qui consiste à calculer le remplissage d’une baignoire, alimentée par deux robinets, le premier d’eau froide, le second d’eau chaude, actionnés pendant un temps défini, tantôt en alternance, tantôt en simultané. Question : combien de temps faut-il pour remplir ladite baignoire ? Casse-tête en vue, pour les non-scientifiques surtout.

Cet exercice, cauchemar intellectuel, nous permet d’aborder la précieuse ressource, à travers l’enquête de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau qui fait ressortir un prix au mètre cube moins onéreux dans l’Hexagone que dans le reste du vieux continent : l’eau potable est facturée en France 13 % moins chère que la moyenne européenne. Les bonnes nouvelles arrivant au compte-gouttes, ne boudons pas notre plaisir. Une donnée à tempérer cependant puisque, selon le rapport annuel de la Médiation de l’eau, entité créée en 2009 afin d’apporter des réponses amiables aux contentieux mettant aux prises consommateurs et organismes de distribution de l’eau et d’assainissement, les Français sont de plus en plus nombreux à contester leurs factures. Si les surconsommations inexpliquées engendrent principalement la saisine du médiateur, il semble acté que l’opacité de la composition des factures - conditions tarifaires des distributeurs et taxes appliquées par les collectivités ayant compétence - génère un fort mécontentement.

Les usagers en appellent donc au sacro-saint choc de simplification, cher à François Hollande et régulièrement abondé en nouvelles mesures. Le dernier choc en date concerne les impôts. Comme stipulé par Michel Sapin, ministre des Finances, « dès le 1er janvier 2018, les contribuables paieront leurs impôts sur leurs revenus de l’année en cours ». Un prélèvement… à la source. Limpide ?


L.O


* Cet éditorial a été écrit le jeudi 18 juin

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