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Voiture autonome : l'erreur humaine la guette aussi

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Voiture autonome : l'erreur humaine la guette aussi
Google : 3,2 millions de km en conduite automatique

Ses exploits propulsent le lecteur dans le monde d'après. L'hiver dernier, elle a roulé sur la neige, guidée ni par bandes au sol ni par quiconque au volant. En avril, elle a circulé tous phares éteints, le conducteur « sur la banquette arrière ». Il s'appelle Williams avec un prénom pur Far West : Wayne. Ingénieur chez Ford, il s'active dans le R&D qui mijote l'automobile autonome. La virée à bord d'une Mondeo tous feux éteints l'a marqué pour la vie.

« Dans l’habitacle, je sentais la voiture bouger, c’est tout, raconte-t-il. Quand je regardais par la fenêtre, je ne voyais rien. Installé sur le siège arrière, je suivais la marche du véhicule en temps réel par informatique. La Ford a enchaîné les virages en restant exactement dans sa voie ». A l’extérieur, les collègues de Wayne Williams portaient les lunettes militaires de vision nocturne. La Ford disposait, elle, de tous les types d’yeux disponibles : radar, caméras, LIDAR (Light Detection And Ranging) laser de télédétection.

Grâce au LIDAR, indique Jim McBride, responsable technique des véhicules autonomes Ford, « nous n’étions tributaires ni du soleil ni des caméras braquées sur les lignes blanches tracées sur l’asphalte ». Le logiciel du pilote virtuel déroulait une carte 3D haute définition. L’itinéraire, bien sur, avec des panneaux de signalisation et les marques sur la chaussée. Mais encore le paysage attenant : bâtiments, arbres, relief.

En France, l’équipementier Valeo a chiffré pour Journalauto.Com les sorties de son prototype Cruise4U aménagé sur base Volkswagen : 4 000 km dans l’hexagone, 21 000 sur les routes américaines. Corsent le palmarès, 766 kilomètres de haute lutte sur le périphérique parisien. En boucle, 24 heures durant, c’est-à-dire de nuit aussi, la voiture a affronté le mano a mano avec les motos et scooters qui remontent les files. A 99 %, la Valeo Cruise4U garda l’initiative. Le mode autonome a capitulé sur un total de 6 kilomètres : « Les deux-roues passaient trop près ».

Chez PSA Peugeot Citroën, quatre C4 Picasso pourvus de fonctions autonomes sillonnent l’Europe. Depuis la mi-2013, ils ont avalé 60 000 kilomètres « hands off ». Pas de mains sur le volant, supervision exigée du conducteur. Google exhibe un score encore plus vertigineux : 3,2 millions de km en conduite automatique. En piste depuis 2009, ses prototypes « maitrisent des situations complexes ». Les essais se poursuivent néanmoins à raison de 40 000 km par semaine.

L’expertise de Google dans l’intelligence artificielle n’a pas empêché un SUV Lexus « self driving » (sans conducteur) de déboiter de sa file sous le nez d’un autobus. Dégâts superficiels. A 3 km/h, le véhicule contournait un chantier sur sa voie la  plus à droite alors que le bus arrivait par l’arrière gauche à 24 km/h. Gêné par le chantier, la Lexus sans conducteur avait laissé passer trois voitures. L’autobus, elle l’avait « vu ». Alors ? Le pilote virtuel aura trop présumé de la courtoisie du chauffeur. Pari tellement « humain ».

Dans la balbutiante histoire du véhicule autopiloté, le premier accident mortel fait tâche au 7 mai 2016. La Tesla Model S imputée avait percuté un camion arrivé en sens inverse et amorçant un virage à gauche. Le « conducteur » de la berline électrique - qui ne devait pas survivre - avait activé l’Autopilot et laissé l’initiative à la Tesla qui roulait aussi très vite : 120 km/h.  Une automobile non pas autonome mais « à conduite assistée ». La différence ? Le constructeur recommande de garder les mains sur le volant.

Très haut sur ses roues avec une volumineuse remorque métallisée, le pois lourd cumulait les risques de tromper l’Autopilot, voir de lui échapper. Rayon Lidar passé sous le véhicule, capteurs radars éblouis par l’éclat du camion sous un ciel éclatant, la Tesla n ’aurait détecté qu’un nuage « scintillant » devant elle. Scénario acceptable : à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Spitfire de la Royal Air Force ne larguaient-ils pas des confettis argentés pour berner les radars de la Wehrmacht ?






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