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Viviane Rousset, éditrice visionnaire

Etre éditrice quand on est l’unique fille d’un couple d’éditeurs est-il une évidence ? « Pas du tout.

EconomieServices Publié le ,

Mon père ne m’a jamais formée pour prendre sa suite. Et moi, je me voyais psychologue », répond Viviane Rousset dans un large sourire. Néanmoins, à l’écouter de plus près, toutes les conditions étaient réunies pour qu’elle trouve un jour sa place dans l’entreprise. Enfant, elle engrange sans le savoir : autour du dîner «où mes parents parlaient fréquemment de leur travail » comme au cours de longues heures passées à lire dans un coin de leurs bureaux de l’avenue du Saxe – qui donnera son nom aux Editions de Saxe. « J’ai aussi un rapport indéniable au livre et à l’odeur. A chaque fois que j’édite un livre et que je reçois un exemplaire je m’y plonge pour y retrouver – ou pas – l’odeur du livre ».

Plus tard, son père la dissuade de s’inscrire en cours de psycho, « ce n’était pas assez sérieux pour lui », et l’incite à s’orienter vers une école de commerce. « J’ai obtempéré et j’ai choisi l’Institut européen des affaires à Paris pour son ouverture internationale ». Au cours de ses études, la jeune femme fait ses armes dans cinq pays différents, dont les Etats-Unis, le Japon et l’Italie « dans des entreprises partenaires de la maison », où elle apprend les ficelles de la vente par correspondance et les techniques avancées de marketing sur lesquelles l’entreprise base son développement.

A son retour, après un détour de trois ans dans l’accompagnement d’un concept innovant de magasin de pâtes fraîches, « où elle apprend beaucoup en gestion », elle rejoint enfin ses parents dans l’aventure. Elle s’occupe de marketing direct au travers de la filiale Fulfilement Informatique. « C’était très technique, mais c’était ce que je savais faire de mieux à l’époque. Nous nous occupions des abonnements, des campagnes et travaillions aussi en sous-traitance pour le groupe Hersant », explique-t-elle. Indépendante, elle gère la filiale, « ça me plaisait beaucoup » tout en se consacrant à sa famille. Elle aura trois enfants en l’espace de 5 ans.

En 2002, le groupe hollandais Keesing rachète l’entreprise de 50 salariés. « Cela commençait à devenir lourd pour mes parents », souligne-t-elle. Le couple, qui a toujours travaillé ensemble et a fondé les Editions de Saxe en reprenant en 1962 Les Broderies Lyonnaises, aspire à la retraite. Quant à Viviane Rousset, elle ne s’imagine toujours pas à la tête de l’entreprise et profite de la pause pour se consacrer à l’astrologie et au développement personnel. Mais la récréation est de courte durée. La mère de famille s’ennuie vite. « Je ne suis clairement pas faite pour ne m’occuper que de la maison et des enfants ».

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Lire la suite dans Le Tout Lyon Affiches du 16 mai 2015

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