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Vie juridique - Se faire sonner les cloches

L’expression « se faire sonner les cloches » est encore couramment employée, lorsqu’on veut signifier à quelqu’un qu’il va se faire disputer avec force et véhémence.

ActualitéSociété Publié le ,

Allusion à la puissance sonore de certaines cloches d’églises ou de beffrois. Mais sait-on que la jurisprudence fourmille de décisions qui émanent le plus souvent des tribunaux administratifs ou cours administratives d’appel, saisis par des plaignants, riverains de ces édifices, qui ne goûtent pas vraiment le son émis par les coups de battant sur le bronze. Sait-on que cette tradition dite campanaire date de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905 ? Seulement voilà, s’il s’agit d’une spécificité locale dans la plupart de nos villages que de marquer ainsi le rythme du temps ainsi que d’annoncer des événements heureux (mariage, baptêmes…), tristes (funérailles) ou graves (tocsin), le concept de nuisances sonores et de décibels excessifs a fait que les tribunaux sont saisis de plaintes pour « trouble anormal du voisinage ». C’est un peu le même problème que pour le coq chanteur du petit matin. Une fois de plus, tout est dans la mesure. Pas trop souvent et pas trop fort. Traduisez : pas tous les quarts d’heure et pas à toute volée, notamment la nuit. Et aujourd’hui, les tribunaux ont tendance à donner raison au droit à la tranquillité, au grand désespoir des carillonneurs de tout bord, fussent-ils de Bergues. Ou alors les magistrats ont peur… de se faire sonner les cloches.

Pierre Vezon

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