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Verdi, sacré farceur

L'opéra de Genève clôture sa saison sur un Falstaff plongé dans l'ubnivers du music-hall anglais de la fin du XIXè et du cinéma burlesque américain.
Verdi, sacré farceur
© Carole Parodi

CultureMusique Publié le ,

Beaucoup de pionniers du cinéma burlesque américain avaient fait leurs classes dans les music-hall anglais, salles souvent sordides, où la bière coulait à flots, où la musique, la danse et le cirque alimentaient souvent des machines à rire. Lukas Hemleb, qui clôture la saison lyrique genevoise avec Falstaff de Verdi semble s’en inspirer. Monolithe central pivotant pour tout décor, costumes fin XIXème siècle, maquillages surlignés, l’ensemble dans des tonalités N&B, service minimum pour la direction d’acteurs, courses folles sur le plateau et gestuelle caricaturale, plongent le public dans l’univers des films muets. Cette lecture s’inscrit dans la veine populaire de Shakespeare et de son personnage, véritable pilier de taverne. Mais elle contredit la finesse et la complexité de la musique de Verdi qui signe son chef-d’œuvre, véritable chant du cygne.


Dans la fosse, Lukas Hemleb trouve le renfort de John Fiore qui sollicite les décibels les musiciens de l’Orchestre de la Suisse romande, quitte à submerger le plateau où une distribution homogène donne la réplique à Franco Vassalo. Dans le rôle-titre, avec une réelle puissance vocale, une élégance de la ligne de chant et une diction irréprochable, le baryton italien cannibalise la scène. Face à lui, ses partenaires relèvent le défi sur une palette émotionnelle et vocale moins large. Parmi eux, Raul Gimenez, 65 ans, étourdissant de vitalité dans le rôle du Docteur Caïus, et la Nanetta de la jeune Amelia Scicolone.

Théâtre des Nations à Genève jusqu’au 30 juin.
www.geneveopera.ch

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