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Valérie Sabatier : "Inventer un Black Friday à la française"

Publié le - - Economie

Valérie Sabatier : "Inventer un Black Friday à la française"
© Pierre Jayet - Valérie Sabatier défend un modèle "à la française" pour le Black Friday.

Enseignante-chercheuse en stratégie et innovation à l'école de management de Grenoble (GEM), Valérie Sabatier est spécialiste des stratégies d'entreprise et des nouveaux business models. Elle soutient l'organisation du Black Friday, mais aimerait que les magasins l'adaptent, sans copier l'exact modèle américain.

Vous soutenez que pour les commerces, ce serait une erreur de ne pas faire le Black Friday. Pourquoi ?

"On ne peut plus l'éviter. C'est un commerce mondial, qui n'est même plus limité à une seule et unique journée. Il a commencé depuis 15 jours et se poursuivra jusqu'à début décembre. C'est un phénomène de consommation mondial duquel les commerçants ne gagneraient pas à se retirer. Cette année particulièrement, le climat est incertain. Les consommateurs veulent optimiser leur enveloppe de Noël.

En revanche, il faut le faire "à la française". C'est-à-dire avec un modèle de réductions soutenable. Les promotions affichées à -70 % n'ont pas de sens. Soit on étouffe le commerce, soit on ment sur la promotion parce qu'on a augmenté les prix avant. Ethiquement aussi ce n'est pas correct, car on pousse presque les gens à la surconsommation. Les gens n'achètent pas ce dont ils ont besoin, ils cherchent le rabais."

"Continuer de cultiver la défense de la consommation raisonnée"

Comment s'y prend-on pour inventer des règles françaises dans un phénomène de consommation mondial ?

"Il faut le faire tous ensemble, dans le commerce digital comme dans le commerce de détail. Sur le principe des ventes privées, les commerçants peuvent faire un pas vers le consommateur, tout en maintenant des marges acceptables. -20 à -25 % me semble raisonnable.

Et puis il faut le faire avec les consommateurs, qui de plus en plus sont acteurs de la consommation responsable.

On ne peut pas règlementer cette opération car ce sont des soldes privées qui n'entrent pas dans le cadre de la législation française. Mais je suis convaincue que ces pratiques vont se mettre en place d'elles même, petit à petit. Pour cette année évidemment, le coup est déjà parti. Mais il faut continuer de cultiver la défense de la consommation raisonnée car on n'a jamais eu un tel engouement vers le "consommer moins mais mieux", ni vers le made in France."

Cela suffira à concurrencer Amazon sur cette période clé ?

"Amazon cristallise en effet toutes les attentions. Mais globalement, il ne faut pas opposer le physique et le digital. Les deux sont complémentaires, et il faut que les commerçants investissent ces deux terrains sans tarder.

Evidemment, ceux qui avaient déjà organisé leur outil numérique résistent mieux. Mais il est toujours temps pour les autres. En termes de stratégie, les deux supports ne sont pas opposés. Les parcours clients sont multiples, et l'évolution des modes de consommation est durable. Et si le petit commerçant n'est pas à l'aise avec le digital, il peut se rapprocher d'une marketplace, qui peut être locale ou spécialisée."




Caroline THERMOZ-LIAUDY
Journaliste

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