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Une Maison des morts engagée et crue à l'Opéra de Lyon

le - - Spectacle vivant

Une Maison des morts engagée et  crue à l'Opéra de Lyon
© Bertrand Stofleth

L'opéra de Lyon a un petit faible pour le compositeur tchèque Leos Janacek dont le public a pu découvrir la saison dernière la version de Journal d'un disparu mise en scène par Ivo Van Hove. Cette fois, c'est Krzysztof Warlikowski, metteur en scène surdoué et sensible, jamais venu à Lyon pour un opéra, qui mène la danse pour De la maison des morts.

Dernier opéra de Janacek, aboutissement de son art, De la maison des morts est librement inspiré des Carnets de la maison morte de Fedor Dostoïevski que le compositeur lisait dans le texte et qu'il a adapté lui-même en tchèque.

Comme l'écrivain russe, il n'a pas cherché de trame narrative et gardé l'esprit documentaire de l'écrit initial, composé d'une mosaïque de témoignages de détenus. Un parti-pris qu'on retrouve dans la mise en scène, volontairement éclatée, qui fourmille de vie et de violence.

Prolongeant ainsi la réflexion du compositeur tchèque, le metteur en scène propose de se questionner sur l'enfermement, en projetant en ouverture sur le rideau de scène, un extrait d'une conférence de Michel Foucault, dont la réflexion sur la prison et la justice est restée inégalée à ce jour.

Il donne également à sa prison un air furieusement réaliste et actuel, à l'inverse de Patrice Chéreau qui avait choisi le goulag de Staline pour sa version de 2007, restée dans les mémoires de tous les mélomanes.

"L'enfer c'est les autres" écrivait Jean-Paul Sartre et l'univers carcéral de Krzysztof Warlikowski en est une brillante démonstration, avec ses prisonniers tatoués et prêts à en découdre à tout moment, à l'instar des quatre danseurs hip-hop, au jeu de jambe impressionnant, qui en rajoutent dans l'agressivité.

Le génie du metteur en scène polonais est aussi de transformer ses chanteurs en vrais comédiens, notamment l'impayable Nicky Spence en Grand forçat ou la formidable Natasha Petrinsky (le seul rôle féminin de la partition) en prostituée pailletée. Et la richesse de la mise en scène se conjugue à celle de la partition, révélant par strates toute la palette des émotions.

Opéra de Lyon, jusqu'au 2 février, www.opera-lyon.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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