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Une envoutante Rodelinda à l'Opéra

Une envoutante Rodelinda à l'Opéra
©Jean-Pierre Maurin - Avery Amereau (en noir) joue Eduige-Sabrina Puertolas joue Rodelinda

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Si l'histoire est un imbroglio compliqué, inspirée au départ d'une pièce peu connue de Corneille, Pertharite, roy des Lombards, l'opéra est l'un des chefs d'oeuvre d'Haendel, écrit en 1724 et 1725 à Londres, entre Tamerlano et Scippione. Bâtie sur le livret de Haym, comme les deux précédentes, la partition analyse les problèmes de couple à l'aune du politique.

Dans cette histoire de trahison et de conquête du trône (comme toujours), c'est Rodelinda qui tient le haut du pavé, aussi bien dans la partie vocale que dans le personnage. Autour d'elle, gravitent un traître, ici affublé d'un bandeau de pirate, un amoureux éconduit mais puissant, et son fils, Flavio, rôle muet qu'a choisi le metteur en scène pour fil conducteur.

Chat effarouché, il griffonne des croquis qui apparaissent sur l'écran de tulle tendu sur le devant de la scène ou prennent vie sous la forme de doubles des protagonistes arborant des masques grimaçants d'Halloween. Dans un décor sobre et chic, celle d'une maison qui tourne sur elle-même, les costumes contrastés de Rodelinda en blanc et Eduige, en noir se détachent, à l'instar de leurs voix qui s'élèvent vers les cimes.

Il faut souligner la magnifique distribution de cette production, avec une flamboyante Sabina Puertolas en Rodelinda et une éblouissante Avery Amereau (même si le deuxième soir, elle a eu un problème de santé et n'a pu assurer la deuxième partie de la représentation, modifiant celle-ci en une version concert) sans Eduige.

Sans oublier les rôles masculins, tenus respectivement par Krystian Adam (Grimoaldo), Christopher Ainslie (Unulfo), Jean-Sébastien Bou (Garibaldo) et Lawrence Zazzo et Xavier Sabata (Bertarido) en alternance ni la fougueuse direction d'orchestre de Stefano Montanari, électrique en rock'n roll en diable.

Opéra de Lyon, jusqu'au 1er janvier, www.opera-lyon.com

Stefano Montanari, chef atypique et brillant

Responsable artistique de l'ensemble baroque de l'orchestre de l'Opéra de Lyon, I Bollenti spiriti, Stefano Montanari est un chef d'orchestre atypique. Spécialiste du répertoire baroque, il arbore un look très rock'n roll et une façon de diriger bien à lui. C'est comme s'il dansait et qu'il caressait l'air. Ici pas de baguettes, seulement des mains qui virevoltent et prennent la pulsation, des accents dans le corps qui dialoguent littéralement avec les notes. Derrière pointe un travail acharné d'étude de la partition. Magnifique !

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