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Une Cenerentola absolument réjouissante à l'Opéra de Lyon

le - - Musique

Une Cenerentola absolument réjouissante à l'Opéra de Lyon
Jean-Pierre Maurin - La Cenerentola de Rossini

L'Opéra de Lyon propose une nouvelle production de La Cenerentola de Rossini, enjouée et kitsch à souhait, parfaite pour clore une année lyrique en beauté et le cœur en joie.

La Cendrillon de Gioachino Rossini fête ses 200 ans. Un charmant prétexte pour remonter cet opéra en deux actes qui revisite l'histoire de Cendrillon à la sauce vaudeville. Ici, pas de citrouille ni de fée ni de pantoufle de vair, mais l'histoire alambiquée d'un « parâtre » qui veut marier une de ses filles au prince pour pouvoir payer ses dettes. Et d'un prince qui se déguise en laquais, de son mentor qui se déguise en mendiant. Rossini est alors au sommet de son art et cette partition écrite pour le carnaval de Venise 1817, vibre de son génie. D'autant que si la féérie du conte a disparu, la magie est dans la mise en scène enchanteresse et sautillante du metteur en scène norvégien, Stefan Herheim.

À grands renfort d'humour, de clins d'oeil kitsch, mêlant les styles et les époques, il donne à voir toute une galerie de tableaux et de personnages qui font écho à l'imaginaire des spectatrices et spectateurs. La scénographie, un mélange de réel et de virtuel provoque la fascination par sa composition graphique et son explosion de couleurs. Les interprètes ne sont pas en reste, n''hésitant pas à esquisser quelques pas de danse et jouant l'outrance à souhait, telles les deux sœurs Clorinda (Clara Meloni) et Tisbé (Katherine Aitken) parfois carrément grimaçantes.

Ou le père, Don Magnifico incarné par Renato Girolami qui en fait des tonnes dans son costume de Roi soleil violet, sans même forcer le trait et rend magnifiquement honneur à la partition du maître italien. Tout comme Michèle Losier, en Cenerentola rusée et moqueuse, bien éloignée de l'image popularisée par le dessin animé de Walt Disney d'une gentille héroïne un peu niaise. Une belle production, aussi facétieuse et enjouée que son chef d'orchestre, Stefano Montanari !

Opéra de Lyon, jusqu'au 30 décembre, www.opera-lyon.com

Nina Hagen, invitée surprise de la saison

La prêtresse du punk allemand vient chanter en avant-première française le récital Brecht qu'elle a repris en 2015 pour fêter ses 60 ans sur la scène même où il avait été créé, le Berliner Ensemble. À n'en pas douter, une date à marquer dans son agenda tant il tarde de découvrir le répertoire de Brecht et Weil chanté par Nina Hagen en personne. D'autant que sa dernière prestation dans la région, au Fil de Saint-Étienne, avec son propre répertoire et un African Reggae fidèle aux origines, n'avait pas vraiment été à la hauteur, tant Hagen prêchait la bonne parole chrétienne à son public admiratif mais légèrement dans l'expectative ! À découvrir dans un tout un autre registre dans lequel paraît-il elle excelle le 27 mai dans la grande salle de l'opéra.




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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