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Une brassée de bonheur (première semaine)

La capitale des Gaules, qui pour deux semaines est également la capitale de Terpsichore, vit au rythme de la Biennale de la danse.
Une brassée de bonheur (première semaine)
© : DR - "TURNING_motion sickness version" de Sciarroni,

CultureSpectacle vivant Publié le ,


À pratiquer, comme la mégabarre de Thierry Malandain, ou à regarder comme le remix du jerk de Maurice Béjart (dans la Messe pour le temps présent) par Hervé Robbe au musée des Confluences, la danse se décline sous toutes ses formes. Et se permet d'investir même le stade de Gerland, pour un défilé pas comme les autres, qui a réuni tant bien que mal, malgré une météo exécrable, plus de 15 000 personnes, dimanche dernier. Sans compter (presque) toutes les salles de l'agglomération, qui affichent de la danse et rien que de la danse jusqu'au 30 septembre prochain. Revue de détails d'une première semaine riche en belles surprises.

Histoire

La mise en bouche a commencé très fort avec la reprise du jerk de Béjart par les élèves de l'école du CNDC d'Angers sous la houlette de Dominique Genevois ainsi que la relecture fort intelligente de cet extrait d'anthologie, par Hervé Robbe sur le remix de Pierre Henry. Une incursion bienvenue dans l'histoire pour introduire le parcours dans l'exposition Corps rebelles présentée au musée.

Modernité

Le ballet de l'Opéra de Lyon s’est frotté à deux univers très différents, celui de Marina Mascarell, jeune chorégraphe espagnole transfuge du NDT (Nederlands Dans Teater) et celui de Alessandro Sciarroni, artiste italien venu des arts visuels. Malgré son titre intrigant Le diable bat sa femme et marie sa fille et son sujet, le féminisme, la création de Macarell laisse un peu sur sa faim. Elle n'évite pas l'écueil du démonstratif, même si la gestuelle qu'elle développe et les images qu'elle distille laissent imaginer une pensée singulière. Il faut préciser, à sa décharge, que la seconde pièce du programme est une pure merveille. TURNING_motion sickness version, de Sciarroni, à partir d'un seul motif, la giration, emporte le spectateur immédiatement. Totalement hypnotique, cette pièce d'une simplicité désarmante fait littéralement tourner la tête et convoque l'imaginaire de chacun, nous projetant dans un autre monde. Simplement étourdissant.

Tradition

Dans un tout autre registre les acrobates de Tanger font monter la pression avec leurs étranges pyramides, d'une simplicité toute aussi désarmante. Première pièce composée sans œil extérieur, comme pour les précédentes, Halka est une incontestable réussite. À partir de leur propre histoire, les douze acrobates tissent un spectacle à l'humanité débordante, rendant à la fois hommage à la tradition et s'ancrant profondément dans la modernité.

Poésie

Belle réussite encore pour la nouvelle création du Collectif Petit travers, au titre si poétique, Dans les plis du paysage (inspiré du poète Henri Michaux). Coproduite par la Biennale, cette pièce toute fraîche a certainement de beaux jours devant elle. Dernier opus d'un triptyque entamé en 2009 avec Pan-Pot ou modérément chantant, il met en scène sept interprètes, qui composent et recomposent l'espace en permanence, qui conversent avec des balles comme d'autres avec des mots. Apparitions, disparitions des personnages, tous cachés sous des anoraks rouge à capuche, apparitions, disparitions de balles sous les voiles et dans les plis de l'astucieuse scénographie sont autant de suspensions et d'élans qui transportent et font sourire. À l'image de l'une des dernières séquences du spectacle où, assis en cercles, ils projettent un flot de balles tel un feu imaginaire crépitant de joie.

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