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Une affaire de femmes

Une affaire de femmes
©Luc Jennepin

CultureMusique Publié le ,

Cet été, à Montpellier, l’Orient sert de fil conducteur à une programmation comme toujours originale, audacieuse parfois, préparée par Jean-Pierre Rousseau. Qui connaît Marco Polo et la Princesse de Chine, l’un des 20 opéras pour enfants composés par Isabelle Aboulker. Peut-être ceux qui l’ont entendu à la création à Pékin en 2005 ou dans une des multiples reprises de l’ouvrage. Mais sans doute pas dans l’arrangement pour deux pianos et percussions réalisée par Bruno Perbost.
Divine surprise à l’Opéra-Comédie où l’œuvre, interprétée en version de concert, a scotché petits et grands pendant près d’une heure. Le succès de ce concert tient d’abord au livret de Christian Eymery, en partie confié à un récitant, qui raconte le retour de l’explorateur vénitien avec, dans ses « bagages », la fille de Kubilaï Kahn qu’il doit accompagner à Ormuz. Ensuite, une partition agréable, plus proche d’une comédie musicale que d’un opéra, avec ses airs que l’on pourrait aisément siffloter dans sa salle de bains. La veine mélodique d’Isabelle Aboulker n’a rien perdu de son efficacité.
Enfin, l’interprétation de la Maitrise de Radio France, diction irréprochable, musicalité et sérieux des très jeunes solistes, et des musiciennes du quatuor Face à Face, l’ensemble sous la baguette de la Suédoise Sofi Jeannin. On sort de là comme après un bol de fraîcheur par une soirée caniculaire.
Le rideau baissé, direction le Corum où l’orchestre de Montpellier Occitanie, à qui le maire de Perpignan avait fermé ses portes pour des raisons de sécurité suite à l’attentat de Nice, offrait une 5ème symphonie de Beethoven à son public. Après une minute de silence, les spectateurs ont communié avec cette musique à qui la direction du chef Paul Daniel a donné le relief, la gravité et l’espoir.


Festival de Radio France à Montpellier, jusqu’au 26 juillet


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Les concerts classiques, programmés au Corum ou à l’Opéra-Comédie, ne sont que la partie immergée d’un festival qui déploie ses notes au-delà de l’agglomération montpelliéraine et du strict répertoire classique. De la musique médiévale aux musiques populaires, le sud de l’Occitanie accueille près de 90 concerts gratuits. Les amateurs de jazz sont notamment au Domaine d’O qui, jusqu’au 26 juillet, affiche 9 soirées, sous les étoiles, dans un amphithéâtre dernier cri au milieu d’une pinède qui appelle au farniente.
Ouverture du cycle avec un personnage attachant, entre Bobby Lapointe, Marcel Zanini et Claude Nougaro, le chanteur-scatteur-rappeur gascon André Minvielle. Ce troubadour « rime-ailleurs », infatigable collecteur d’accents, séduit les grandes pointures du jazz comme le pianiste Jean-Marie Machado qui lui a donné la réplique lors d’une soirée placée sous le signe de la résistance à la bêtise et à l’obscurantisme.

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