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Un opéra en robe de cardinal

Un opéra en robe de cardinal

CultureSpectacle vivant Publié le ,

A l’époque Baroque (Campra), voire classique (Mozart), les messes des morts abordaient l’au-delà avec sérénité et l’espoir du bonheur de la vie céleste. Plus sceptiques, les « opéras des mort » romantiques décrivent l’apocalypse et les tourments de l’enfer. Comme s’ils doutaient d’avoir leur place au paradis. Sur ce registre, le requiem de Verdi remporte la palme de l’effroi ! Avec ses déchirures terrifiantes et ses chuchotis de bord de tombe, son « dies irae » tellurique, son poignant « libera me », ce mausolée musical semble avoir été décoré par les élèves du Caravage. Le texte religieux n’est que prétexte à un débordement expressif et mélodramatique porté par un orchestre foisonnant et un choeur en voix massives. La passion et la mort ne sont-ils pas les atouts d’un bon opéra ? Et ceux qui considèrent ce requiem comme le meilleur opéra du maître de Busseto rappellent que le choix des quatre solistes est simple : il doivent pourvoir interpréter le quatuor du Trouvère.
A la tête de l’ONL, Leonard Slatkin dirige cet « opéra en robe de cardinal », une œuvre gourmande en voix qu’interprètent Tamara Wilson (qui vient de chanter le rôle de Aïda au Metropolitan de New York), Jennifer Johnston, Hoyoong Chung et James Platt, mais surtout les forces du chœur Spirito. Préparé par Nicole Corti, celui-ci regroupe les membres des chœurs et solistes de Lyon, le Choeur Britten, le Chœur d’Oratorio de Lyon et le jeune chœur Symphonique. Avec une telle surface sonore, gageons que le Dies Irae fera trembler les murs de l’Auditorium.

A. M.

Auditorium, 23 septembre à 20h, 24 à 18h, www.auditorium-lyon.com

Manon séduit l’opéra de Genève

L’Opéra de Genève reforme le couple mythique du Lulu de Berg, entré dans les annales du Grand-Théâtre en février 2010. Aujourd’hui le metteur en scène Olivier Py et la soprano Patricia Petibon se retrouvent pour donner vie à Manon, opéra de Massenet d’après l’oeuvre de l’abbé Prévost qui a également inspiré Manon Lescaut de Puccini. Le combat à distance que se livrent les deux ouvrages a souvent tourné à l’avantage du compositeur italien. Mais son homologue ligérien ne s’avoue pas vaincu. Il bénéficie même d’un retour en grâce de l’opéra romantique français.
Pour cette nouvelle production, dans des décors et costumes signés Pierre-André Weitz, Patricia Petibon donne la réplique à Bernard Richter (des Grieux), Pierre Doyen (Lescaut), Rodolphe Briand (Morfontaine) et Marc Mazuir (Brétigny). Une distribution pour l’essentiel francophone que dirige Marko Letonja à la tête de l’orchestre de la Suisse Romande.


Opéra de Genève jusqu’au 27 septembre.

geneveopera.ch

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