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Un Ennemi du peuple furieusement actuel aux Célestins

Créée à la MC2 de Grenoble en mars dernier, accueillie triomphalement par la critique parisienne lors de son passage au théâtre de l'Odéon, la pièce de Henrik Ibsen Un ennemi du peuple mise en scène par Jean-François Sivadier arrive sur la scène du théâtre rouge et or.
Un Ennemi du peuple furieusement actuel aux Célestins
Jean-Louis Fernandez - Un ennemi du peuple de Henrik Ibsen, mise en scène de Jean-François Sivadier

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Henrik Ibsen a écrit Un ennemi du peuple en 1882, l'année après Les Revenants, en réponse aux réactions suscitées par cette pièce, accusée « de creuser un égout à ciel ouvert » par la critique de l'époque.

Violente satire de la bourgeoisie norvégienne bien-pensante et puritaine et dénonciation (déjà) du pouvoir de l'argent, Un ennemi du peuple est l'une des oeuvres les plus célèbres du dramaturge norvégien. L'une des ses oeuvres maîtresses aussi, de celles qui ne perdent jamais leur pertinence, même 137 ans plus tard.

Surtout quand elle est montée dans une nouvelle traduction, celle de Éloi Recoing, par un metteur en scène futé comme Jean-François Sivadier. « La pièce est une espèce de coup de poing destructeur, Ibsen vient poser des bombes, exploser le cadre » déclare-t-il dans un entretien à France Culture.

On ne saurait mieux dire de cette histoire de lanceur d'alerte avant l'heure, ce Stockmann médecin qui essaie de prévenir la population de la contamination des eaux de la station thermale, frère du Stockmann préfet qui le fera taire et le transformera en « ennemi du peuple » et qui prend une dimension nouvelle à l'heure du dérèglement climatique et de la toute-puissance des lobbies économiques.

« Dans Un Ennemi du peuple, la parole l'emporte sur la pensée. Une parole où la pulsion remplace la psychologie et où la conversation mondaine menace à chaque seconde de virer à la fureur tragique. La parole jusqu'à l'épuisement, pour empêcher le silence de plonger tout le monde dans l'abîme » explique le metteur en scène dans sa note d'intention. On ne saurait mieux dire !

Théâtre des Célestins, 5 au 10 novembre, www.theatredescelestins.com

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