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Un Dom Juan jouissif au TNP

le - - Spectacle vivant

Un Dom Juan jouissif au TNP
Michel Cavalca - Dom Juan, mise en scène de Olivier Maurin

Après le Dom Juan clownesque de Jean Lambert-Wild au TNG en octobre dernier, voici celui de Olivier Maurin, créé ces jours-ci au TNP. Une superbe réussite.

Pour son premier coup d'essai de mise en scène d'un texte classique, c'est un coup de maître. Olivier Maurin est un metteur en scène délicat et discret, qui avait toujours préféré jusqu'à aujourd'hui monter des textes contemporains.

Témoin, sa dernière production, Illusions de Ivan Viripaev, reprise ici-même la saison dernière, dans la même salle Jean-Bouise.

Et voilà qu'il s'attaque à un monument du théâtre français, le Dom Juan de Molière. Jouée triomphalement 15 jours au théâtre du Palais-Royal, la pièce ne sera pas reprise du vivant de Molière, sans doute victime d'une censure royale, et ne sera redécouverte qu'au XIXème siècle.

La grande qualité d'Olivier Maurin est de donner à entendre pleinement les œuvres qu'il choisit. Ce Dom Juan ne fait pas exception à la règle, qui nous fait redécouvrir la puissance du verbe de Molière dans une pièce novatrice pour l'époque et toujours terriblement moderne.

Dans sa note d'intention le metteur en scène explique qu'il envisage son spectacle comme « celui d'une troupe qui arrive à maturité de son langage commun », et c'est exactement cela qui se passe sur scène.

Mickaël Pinelli Ancelin est formidable en Sganarelle, fourbe et couard, mais aussi gouailleur et irrévérencieux, comme son maître, l'excellent Arthur Fourcade dans le rôle-titre. Elvire, magnifique Clémentine Allain sait s'émanciper de la gent masculine, en incarnant une colère froide et sourde, à l'efficacité redoutable.

Les autres interprètes ne sont pas en reste, comme le père, impeccable Rémi Rauzier ou Héloïse Lecointre en Charlotte et Fanny Chiressi en Mathurine.

Justes et libres, ils sont tous puissants et humbles, ouvrant la pièce aux réflexions intimes des spectateurs. D'autant que la scénographie, toujours épurée, avec quelques chaises, un gramophone et une cage à oiseaux, donne de subtils points d'appui sans brouiller le regard.

TNP, jusqu'au 7 décembre, www.tnp-villeurbanne.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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