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Truffaut s'invite au théâtre des Célestins

le - - Spectacle vivant

Truffaut s'invite au théâtre des Célestins
Carole Parodi - Le Dernier métro par la compagnie STT

C'est paradoxalement un film qui ouvre la saison théâtrale aux Célestins. En effet, le théâtre rouge et or accueille la dernière création du metteur en scène Dorian Rossel, une adaptation scénique du célèbre long-métrage de François Truffaut avec Catherine Deneuve et Gérard Depardieu, Le Dernier métro.

Le Dernier métro est un film qui rend hommage au théâtre. Ici, le metteur en scène franco-suisse Dorian Rossel renverse la dialectique en rendant hommage au cinéma dans une pièce de théâtre. « Les dialogues du film constituent l'ossature du spectacle » explique le metteur en scène dans sa note d'intention.

Repris dans leur intégralité, ils sont tout de même travaillés différemment, imposant un nouveau rythme et éclairant d'autres détails. Dorian Rossel affectionne particulièrement de se confronter au langage filmique. Il a déjà adapté au théâtre le mythique film de Jean Eustache, La maman et la putain ainsi que Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu, figurant au panthéon des plus grands films de l'histoire du cinéma.

Dans ce Dernier métro que nous fait prendre Rossel, celui-ci part « à la recherche d'un théâtre qui rassemble et donne l'envie de se questionner, d'apprendre et de s'ouvrir aux autres. Qui donne du plaisir et la force de se dépasser, d'apprendre, d'aimer, de retourner au théâtre, de sortir de ses préjugés. Qu'il soit une invitation à entrer dans un univers délicat, exigeant et complexe, miroir de notre monde ».

L'histoire narrée dans Le Dernier métro, une vision de Paris pendant la Seconde guerre mondiale, prend aujourd'hui une autre couleur. Les enjeux ne sont plus les mêmes que dans les années 80, l'époque de tournage du film.

Les réflexions des personnages, en nos temps troublés où revient la peur de l'autre et ses corollaires, le racisme et la xénophobie, la montée des populismes et l'apparition de « démocratures », s'avèrent nécessaires à ré-entendre, d'autant que le parti pris du metteur en scène, dédoubler certains personnages, donner un rôle masculin à une femme, les rend plus aiguisées.

Théâtre des Célestins, 19 au 22 septembre, www.theatredescelestins.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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