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Trois siècles d'histoire du Grand Hôtel-Dieu de Lyon

Trois siècles d'histoire du Grand Hôtel-Dieu de Lyon

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« Au XVIIe siècle, les enfants abandonnés étaient placés à l'Hôtel-Dieu avant d'être mis en nourrice. A partir de 1783, ils allaient à la Charité. Le personnel était constitué de sœurs et de frères de congrégations hospitalières non religieuses. L'économe, qui notait tout, avait commandé un kilomètre de pansements aseptiques en provenance d'Angleterre ! » Jacqueline Roubert est intarissable sur la vie de l'Hôtel-Dieu. Le bâtiment, qui l'a aussi accueillie pendant près de trente ans, c'était un peu sa maison. Diplômée de l'école des Chartes en 1958, elle a travaillé aux archives départementales du Rhône avant de devenir directeur des archives administratives et médicales des Hospices civils de Lyon et conservateur du musée de l'Hôtel-Dieu dès 1968. « Sous le petit dôme, précise-t-elle. La chirurgie occupait deux salles et communiquait avec le musée. » Chargée de mettre en place un service d'archives de dossiers médicaux en vue de leur future informatisation, elle a dû faire sa place au sein de l'univers médical, chasse gardée des médecins. Pas facile au début mais elle n'était pas du genre à lâcher. « Le métier me plaisait et la médecine aussi ! »

Jacqueline Roubert a également développé le musée de l'Hôtel-Dieu. Lors des visites guidées, on pouvait découvrir les boiseries et les faïences de la pharmacie, les lits en fer où quatre malades se serraient, des instruments de chirurgie, la première seringue de Pravaz, les premiers masques d'anesthésie, etc. Elle recevait les écoliers, les infirmiers, les élèves de l'école de santé militaire, les médecins, les congressistes. « C'était intéressant de leur montrer comment avait évolué le métier qu'ils exerçaient », se souvient-elle plus de vingt ans après avoir pris sa retraite. C'est un peu plus tard que François-Régis Cottin, architecte urbaniste lui a proposé d'écrire, à ses côtés, l'histoire de l'Hôtel-Dieu. Les archives étaient extraordinairement riches et les deux auteurs se complétaient idéalement, chacun avec sa spécialité. Un regard professionnel sur la construction et l'architecture pour l'un et trente ans de vie dans les coulisses du vieil hôpital pour l'autre. Durant dix ans, les deux auteurs se sont ainsi plongés dans les archives et les documents pour écrire l'histoire des trois premiers siècles de cette institution. Jacqueline Roubert a un peu marqué le pas, interrompant sa lourde mais passionnante tâche puis a repris sa plume en 2012. « J'avais commencé, il fallait terminer. » François-Régis Cottin avait, quant à lui, achevé sa partie rédactionnelle et publié une partie de son texte en 2012 dans un bulletin hors série de la Société académique d'architecture. Décédé en 2013, il a laissé à l'ancienne archiviste-paléographe, le soin d'achever l'histoire de la vie du Grand Hôtel-Dieu de Lyon entre 1478 et 1802.

Jacqueline Roubert a évoqué aussi bien le financement, que l'administration avec les recteurs et le personnel hospitalier, l'instruction des médecins, les journées d'hôpital. « Au début du XVIe, l'hôpital accueillait environ 200 malades. Au moment de la Révolution, ils étaient plus de 17 000… Je plains celui qui tenait le registre d'entrée ! Pour les militaires, qui n'avaient pas d'autre lieu pour venir se reposer ou soigner leurs blessures, c'était un peu un gîte d'étape ! »

Avec humour et humilité, Jacqueline Roubert partage son savoir et distille sans ambages le plaisir que l'écriture de cet ouvrage lui a apporté. « C'est un travail d'équipe », souligne la petite dame qui se demande avec nostalgie ce qu'il reste aujourd'hui du Grand Hôtel Dieu…

Agnès Giraud-Passot

« Vivre et mourir à l'Hôtel-Dieu de Lyon sous l'Ancien Régime

1478-1802 : histoire du Grand Hôtel-Dieu »

Vendu au prix de 35 €, le livre sera présenté, lors de sa sortie officielle, le 28 juin à la Renaissance du Vieux-Lyon. Illustré de photos, tableaux et documents anciens, il mettra en lumière, par une approche institutionnelle, architecturale, sanitaire et humanitaire, la création puis la montée en puissance d'un service hospitalier et d'assistance sociale indépendant de la puissance publique.

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