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Tri des déchets : en Auvergne-Rhône-Alpes, les entreprises tertiaires accélèrent

Le Code de l’Environnement oblige les entreprises et notamment celles du tertiaire, à procéder au tri à la source des déchets dits non dangereux, en sept flux pour mieux les valoriser. Comment cela se passe-t-il en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Tri des déchets : en Auvergne-Rhône-Alpes, les entreprises tertiaires accélèrent
© Recygo - Les entreprises du tertiaire ont obligation de trier à la source leurs déchets en cinq, voire sept flux.

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Depuis juillet 2021, le Code de l’Environnement prévoit que les entreprises sont soumises à l’obligation de tri à la source des déchets dits non dangereux, en sept flux. L’objectif est de mieux les valoriser à travers des filières de recyclage spécifiques. Les entreprises du tertiaire ont-elles les moyens d’appliquer réellement ce tri ? Qu’en est-il en Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) ? Sur quels acteurs peuvent-elles s’appuyer et quelles solutions proposent-ils ?

Lorsqu’on évoque la problématique des déchets produits par les entreprises, ce sont les déchets liés à la production industrielle qui viennent d’abord à l’esprit. Sans doute parce que dans l’imaginaire collectif, ils sont les plus dangereux ou les plus polluants.

Selon une publication de l’Ademe en date de 2020, les déchets produits par les entreprises industrielles et artisanales représentaient 35 % (25,4 millions de tonnes en 2018) des déchets d’activité économique hors BTP en France.

Déchets : les entreprises du tertiaire grosses productrices aussi

C’est oublier que les entreprises du tertiaire produisent elles aussi des quantités importantes de déchets : 19,5 millions de tonnes en 2018, selon l’Ademe. Et ces mêmes entreprises de services sont soumises, depuis 2016, à l’obligation, imposée par le Code de l’Environnement, de trier à la source leurs déchets (dès lors qu’elles produisent plus de 1 100 litres de déchets par semaine ; Le tri du papier dans les bureaux étant obligatoire dans les entreprises de plus de 20 salariés).

Il était d’abord question de cinq flux : papier/carton, métal, plastique, verre et bois. Depuis juillet 2021 s’ajoutent deux autres flux : les déchets de fraction minérale et les déchets de plâtre. Et, deux autres flux devront être pris en compte dans un proche avenir : les biodéchets dès fin 2023 et les textiles en 2025.

Pour, Florian Peytre, chef du pôle risques chroniques au service prévention des risques industriels, à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement d’Auvergne-Rhône-Alpes (Dreal), le tri des biodéchets en entreprises de bureaux fait sens, "compte tenu de la quantité de filtres à café, sachets de thés, essuie-tout, mouchoirs en papier, restes de repas… ".

"On ne s’amuse pas à retrier derrière"

Selon la direction régionale Auvergne-Rhône-Alpes de l’Ademe, peu d’entreprises du tertiaire se conformeraient à ces nouvelles obligations légales. "Dans le tertiaire, il n’est pas rare que plusieurs entreprises occupent un même bâtiment avec un prestataire unique qui est là pour vider les poubelles. Et une grande partie de la collecte part directement aux ordures ménagères."

Les rares entreprises du tertiaire qui sollicitent l’Agence, le font pour avoir des conseils sur des questions très précises : "On est surtout interrogé sur les histoires de canettes et de bouteilles plastiques : comment faire pour réduire ces déchets ? La réponse peut paraître simple, mais beaucoup de gens n’y pensent pas : installer une fontaine à eau. Remplir sa gourde à la fontaine est moins absurde que d’utiliser des bouteilles en plastique qui ne seront pas forcément bien triées et collectées dans les entreprises."

Marc et Karine Lambert de la société de nettoyage AMS Pro. ©Thomas Richardson

"Cela dépend des volontés des entreprises", témoignent Karine et Marc Lambert, sœur et frère, qui codirigent une petite société de prestations de nettoyage en entreprises (AMS Pro, basée à Saint-Egrève). Créée en 2015, elle regroupe six salariés avec l’appui ponctuel de quatre autoentrepreneurs.

"Certains ne font pas attention : dans leurs poubelles, on trouve du papier, du plastique, les gobelets, le café… c’est assez mélangé. Et une fois que c’est dans les poubelles, on ne s’amuse pas à retrier derrière." Dans la grande majorité des contrats passés avec leurs clients, aucune disposition ne fait référence au respect du tri sélectif. "Il n’y a pas de consignes particulières et ce n’est pas défini dans le cahier des charges."

Toutefois, certains parmi leurs clients font des efforts plus particuliers : "On a par exemple, une société médicale qui avant n’utilisait qu’une poubelle et depuis quelque temps en a installé deux autres dans les bureaux." (...) La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

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