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Travaux publics : entre morosité et innovation

« Si nous avions à peu près bien résisté depuis 2008 », l'année 2015 est catastrophique ! », constatait Jean-Marc Cornut, président de la Fédération régionale des travaux publics, à quelques minutes du lancement de l'assemblée générale qui s'est tenue au musée des Confluences. Une ambiance morose et des constats chiffrés alarmants que le président de la FRTP a décidé non pas d'éluder, mais plutôt de mettre de côté pour regarder vers demain. La nouvelle grande région et les défis de l'innovation étaient au cœur de cet événement.
Travaux publics : entre morosité et innovation
D.R. - L'assemblée générale de la FRTP, au musée des Confluences

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« Avec un chiffre d’affaires de 1,98 Md€ au 3e trimestre 2015 contre 2,1 % Md€ au 3e trimestre 2014, l’activité des entreprises de travaux publics de Rhône-Alpes est en recul de 7,9 %. Cette tendance est dans la continuité du premier semestre 2015 et vient s’ajouter à la baisse de 9 % du chiffre d’affaires 2014 / 2013, passé de 4,88 Md€ en 2013 à 4,44 Md€ de travaux réalisés en 2014 », détaille le président de la FRTP qui ne compte pas pourtant ne pas regarder au loin, avec notamment la mise en place de la région Rhône-Alpes Auvergne dès le 1er janvier 2016. Cette nouvelle région, grande comme la Suisse ou le Danemark, rapidement décrite par Pascal Ogier, le directeur régional de l’Insee Rhône-Alpes, dispose d’immenses atouts en tant que territoire d’activité économique, de mobilité et de projets porteurs de croissance.

La réforme est une opportunité pour Rhône-Alpes et Auvergne qui restent deux régions très complémentaires aux profils pourtant variés. Frédéric Gilli, économiste, est revenu sur le processus de travail actuel souvent difficile à mettre en place dans le cadre de grands projets. Michel Desvigne a quant à lui parlé du projet urbain mené sur la zone Paris Saclay dont il est le paysagiste chef d’orchestre, et Bruno Dumetier de cette nouvelle conception de « manager » un territoire qui prenne en compte les enjeux majeurs de déplacements, de nouvelles technologies et l’évolution des modes de vie.

Jean-Marc Cornut est revenu de façon plus globale sur le manque d’investissement de la France dans ses infrastructures de transports et de communication : « Le recul de l’effort d’équipement de la France n’est pas une nouveauté, il est antérieur à la crise de 2009. Depuis trois décennies, la part de l’investissement dans les infrastructures de transports et de communication dans le PIB est passée de 2,2 % à 1,3 % ! ».

Concernant Rhône-Alpes Auvergne, le président de la FRTP a rappelé que « cette nouvelle région fait aussi émerger des besoins nouveaux avec des enjeux majeurs en termes d’aménagement économique des territoires. Nos entreprises souhaitent jouer un rôle important dans ce nouvel espace. Elles sont extrêmement dynamiques et elles sont prêtes ! »

« Nous sommes une solution au déficit de croissance »

L’innovation dans tous ses états et le défi pour les métiers et les territoires de demain étaient au cœur de la deuxième table ronde de la matinée. Rhône-Alpes est le berceau du génie civil et demeure le 2e potentiel français dans ce domaine. Consciente de ce phénomène et des besoins de la région en matière d’infrastructures, la profession, à l’initiative de la FRTP Rhône-Alpes a créé en 2009 une structure pour favoriser l’innovation : Infrastructures Durables Rhône-Alpes. « Nous vivons un tournant majeur en matière d’innovation, notamment en nanotechnologies. Les applications pourraient totalement et positivement bouleverser la vie des entreprises. Ces innovations pourront, par exemple, réduire les coûts des travaux pour les collectivités et leur donner des durées de vie supérieures à ce qu’elles sont aujourd’hui... », explique David Gandaubert, vice-président de la FRTP Rhône-Alpes.

La table ronde a permis de faire le point sur le projet de renouvellement du quartier Lyon-Part-Dieu, et tout ce que cela implique en matière d’innovation et de solutions originales. Et Bruno Cavagné, le président de la Fédération nationale des travaux publics de conclure : « Bien sûr, regarder l’avenir ne suffit pas à oublier le présent. Mais face aux difficultés, nous devons faire de la pédagogie et cesser de nous présenter aux pouvoirs publics et aux décideurs locaux comme un problème de plus à régler, alors que nous sommes une solution au déficit de croissance que connaît notre pays parce que nos activités sont réactives. Nous sommes une solution à l’abandon des territoires parce que nous sommes locaux et qu’il n’y a pas d’économie des territoires sans infrastructures de qualité. Nous sommes une solution à la crise écologique et nous sommes enfin une solution pour lutter contre le chômage ». Des messages forts, avant ce que Bruno Cavagné appelle le « vrai rendez-vous » : la présidentielle.

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