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Transport : vers une pénurie de chauffeurs pour la rentrée en Auvergne-Rhône-Alpes ?

La Fédération nationale des transports de voyageurs tire la sonnette d'alarme : la pénurie de chauffeurs est critique. Cela pourrait compromettre les transports scolaires à la rentrée 2022.
Transport : vers une pénurie de chauffeurs pour la rentrée en Auvergne-Rhône-Alpes ?
© Cheyenne Gabrelle - Assemblée générale de la FNTV en Auvergne-Rhône-Alpes pour réfléchir aux solutions concernant la pénurie de chauffeurs à la rentrée scolaire

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Le transport de voyageurs n'est pas épargné par le phénomène d'emplois vacants. Il est, lui aussi, à l'instar du transport aérien par exemple, touché de plein fouet par le manque de conducteurs.

La Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) se dit "consciente" de la gravité des faits. La délégation régionale s’est rassemblée à Lyon ce vendredi 24 juin pour faire le point sur les questions du recrutement, de la transition énergétique et sur les contrats de marchés publics entre les entreprises et la Région.

"Après la pandémie de deux ans, dans laquelle le secteur de transports a été fortement impacté, 4 % de nos conducteurs ont rejoint les transports routiers de marchandises ", évoque Michel Seyt, co-président de la FNTV Auvergne-Rhône-Alpes.

Résultat : la FNTV estime qu’il manque environ 1 000 conducteurs dans la région Auvergne-Rhône-Alpes pour la rentrée 2022, et au moins 8 000 chauffeurs à l'échelon national. En tout, ce seraient environ 300 000 enfants qui ne pourraient pas aller à l’école en septembre prochain.

Pour la société Cars Berthelet, le secteur périurbain est particulièrement, et fortement, touché par la pénurie.

"Il va manquer 35 chauffeurs sur 230 dans la zone périurbaine, là où il n’y a pas l’alternative des transports en commun...", souligne Aurélien Berthelet, directeur général de Cars Berthelet.

Transports de voyageurs : un métier en perdition

Selon Pascal Favre, co-président de la FNTV Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur a revu ses salaires à la hausse de 5 % au printemps dernier, voire de 7,5 % pour les conducteurs scolaires. Si les chauffeurs préfèrent rejoindre un autre corps de métier, c’est donc surtout parce que le service est fractionné au cours d’une journée.

"Aujourd’hui, la profession est consciente de cette difficulté, les chauffeurs n’ont pas forcément envie de travailler seulement 1h30 le matin pour emmener les enfants à l’école et conduire 1 h 30 le soir pour le retour", se soucie Michel Seyt.

Dans l’idée, la FNTV souhaiterait communiquer auprès des entreprises partenaires pour que les chauffeurs puissent remplir leur emploi du temps. Mais la question des horaires se heurte à d'autres contraintes, structurelles, comme la hausse des prix du carburant causée par l’inflation qui pèse sur les trésoreries des entreprises et les met en difficulté pour rémunérer ses salariés.

De nouvelles formations de chauffeurs

Suite à cette assemblée, les acteurs ont évoqué l’idée de créer des classes spéciales pour initier de futurs conducteurs.

Dès la rentrée 2023, un CAP Transport de voyageurs ouvrira, et les premiers jeunes formés au métier pourront travailler d’ici 2025.

Une piste qui pourrait sans doute pallier le manque d’effectif à l’avenir.

"On doit former du personnel autrement, car on n’arrive plus à trouver des personnes sur le marché avec un permis poids lourd", précise Aurélien Berthelet.

La FNTV Auvergne-Rhône-Alpes prévoit une campagne de communication au niveau national, dans les organismes de formation tels que Pôle Emploi, ainsi que dans les entreprises partenaires de manière à faire susciter l’envie du métier.

En attendant, la FNTV a brièvement évoqué le covoiturage comme alternative à la pénurie de chauffeurs, voire l'utilisation de véhicules de neuf places avec un permis classique.

cars.lieutaud.fr

Vers une transition énergétique

Autre enjeu du secteur : la décarbonation de son activité. Dans le cadre du calendrier France 2030, la FNTV réfléchie "à s'y inscrire dans la durée" par le biais, notamment, de véhicules à hydrogène.

"Pour la première expérimentation, on a le projet d’avoir 5 véhicules à hydrogène, pour, à terme, en avoir plus d’une cinquantaine. Mais la difficulté, reste l’approvisionnement, la production et la distribution, un enjeu auquel nous devons faire face à l’heure actuelle, souligne Jean-Sébastien Barrault, président de la FNTV.

Le marché n’est toutefois pas lancé puisque l’outil industriel n’est pas fonctionnel.

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