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Transpolis : terrain de jeu de l'innovation urbaine

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Transpolis : terrain de jeu de l'innovation urbaine

Le camp des Fromentaux, dans la plaine de l'Ain, a longtemps été propriété de l'armée pour servir de stockage à des munitions. Inoccupé depuis 2004, il est aujourd'hui le terrain de jeu de l'innovation urbaine. Le projet Transpolis a terminé les derniers aménagements fin 2018 pour le commencement de l'exploitation début 2019. La voiture autonome y est notamment testée. D'autres équipements, sur un autre tènement de la zone des Fromentaux, verront prochainement le jour, toujours dans un objectif d'imaginer les solutions urbaines de demain, côté espace public cette fois-ci.

UN CAMP MILITAIRE RECONVERTI

Les 70 hectares de la zone des Fromentaux, sur trois communes de l'Ain, à proximité de la Suisse, de l'Italie et de Lyon, en faisaient un site à exploiter. L'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar) cherchait un lieu pour tester, en grandeur nature, des solutions de mobilité innovantes. Après plusieurs années d'études, l'ex-camp militaire des Fromentaux a pu muter.

Des baraquements. Des entrepôts de stockage pour des munitions. Le site militaire installé à cheval sur les trois communes de Chazey-sur-Ain, Leyment et Saint-Maurice-de-Remens, dans la Plaine de l'Ain, est déserté de ses occupants depuis 2004, en attendant un projet de reconversion. Durant près d'une dizaine d'années, il est la cible de squatteurs et de vandales, les stigmates étant encore visibles sur certains bâtiments gardés intacts.

Au début des années 2010, l'Ifsttar s'intéresse à cet espace unique de 70 hectares pour y installer un centre d'essai sur la mobilité urbaine. Le terrain, acquis par le conseil départemental de l'Ain, lui a été remis en 2013 par un bail emphytéotique. Le projet a pour but « de créer une plateforme d'expérimentations et de recherches dédiée aux transports collectifs urbains de personnes et de marchandises, avec autant une approche technologique sur la mobilité du futur, qu'une réflexion autour des politiques urbaines de déplacement, pour concevoir la ville de demain », disent les études de faisabilité publiées à l'époque.

Modification des PLU des communes, traitements des sols, démolition de certains bâtiments, les aménagements du site démarrent pour le rendre opérationnel à la société Transpolis et à ses partenaires début 2019.

LE CAMP DES FROMENTAUX EN CHIFFRES

Le projet a nécessité : la conservation de 53 bâtiments, la démolition de 50 bâtiments, la dépose de 15,77 km de voies ferrées, la démolition de 34 000 m2 de structures de voiries existantes.

Transpolis exploite le site d'expérimentation

L'exploitation commerciale de ce site réaménagé a été confiée à la SAS Transpolis, créée en 2011 par un pool d'actionnaires privés et publics.

Renault Trucks, Colas, Aixam (groupe Polaris), Vibratec, Eve System, Adetel et l'Ifsttar constituent les membres fondateurs de Transpolis au capital de 2,1 M€. Ils ont été rejoints, en 2016, par le Groupe Caisse des dépôts, la Fédération française de la carrosserie industrielle, Groupama Rhône-Alpes Auvergne, Sequanta et le groupe Berthelet. « La vision des fondateurs, des industriels et des chercheurs, est de disposer d'un outil permettant de se projeter dans le futur de la mobilité urbaine, en abordant les problématiques des villes et du dialogue entre les véhicules, de plus en plus autonomes et connectés, et les infrastructures, explique Stéphane Barbier, directeur du développement de Transpolis. Dans cet objectif, la SAS Transpolis s'est donnée pour mission de créer un environnement systémique alliant la recherche et les constructeurs pour tester des innovations grandeur nature. »

Près de 18 M€ de travaux ont été engagés pour aménager un site capable de répondre à ces objectifs. Les fonds investis proviennent à 60 % de subventions publiques et à 40 % d'apports en matériels ou compétences des partenaires industriels privés.

Ses premiers clients sur le marché du véhicule autonome sont Navya, Renault Trucks, Iveco, Bolloré, JTektch, Plastic Omnium, Renault et, sur le marché des infrastructures, principalement des entreprises du bâtiment qui travaillent sur les routes intelligentes ou les nouveaux revêtements.

LE SITE AUJOURD'HUI

Un espace de 30 hectares aménagé comme un centre-ville

Un périphérique de 3 km

Deux voies de 500 m à aménager avec des marquages temporaires

Des ronds-points, des intersections, des abris-bus, des automates pour simuler les piétons, des rues dans les quatre directions pour prendre en compte l'éblouissement solaire, des bâtiments avec des façades en différents matériaux…

300 km de fibres optiques et des bornes tous les 50 m pour la connectivité

La 5G sur tout le site

Des chaussées carottées pour insérer des capteurs…

JEAN-LOUIS GUYADER : « CONTRIBUER À FAIRE ÉMERGER UNE VILLE-LABORATOIRE »

Le président de la communauté de communes de la Plaine de l'Ain évoque l'intérêt de la reconversion du camp des Fromentaux, implanté sur son territoire, le développement de Transpolis et l'écosystème des entreprises en devenir autour de la thématique innovante de la mobilité urbaine de demain.

Que représente le projet Transpolis pour le territoire de la Plaine de l'Ain ?

Notre territoire est à proximité de la métropole de Lyon, ce qui représente à la fois des risques et des opportunités. Le risque principal est d'hériter d'une industrie polluante aux emplois peu rémunérateurs rejetée par la capitale régionale. Ce que nous ne voulons plus. Notre souci est davantage de faire monter en gamme notre territoire et d'offrir des emplois qualifiés. En observant les grandes métropoles européennes, j'ai constaté que, souvent, la recherche est restée dans les laboratoires en ville alors que les innovations et les expérimentations se sont décalées en extérieur, vers les territoires industriels justement. L'opportunité pour le territoire de la Plaine de l'Ain est donc notre situation géographique idéalement placée, près d'axes autoroutiers, à proximité de Lyon et de Genève, pour attirer des projets innovants. Transpolis a donc constitué un défi pour notre territoire.

Comment avez-vous accompagné le développement de Transpolis ?

Dès 2013, la communauté de communes de la Plaine de l'Ain a décidé d'accorder des fonds au projet global. Sur 5 ans, nous avons soldé nos subventions fin 2018, la collectivité a accordé 5 M€ pour contribuer à faire de ce site une ville-laboratoire, aux ambitions européennes, pour le transport urbain.

Qu'attendez-vous de ce projet ?

C'est d'ores-et-déjà gagné puisque cette ville-laboratoire existe et attire des visiteurs et des clients du monde entier, avec une montée en puissance attendue dans les prochaines années. Ce lieu central et unique du savoir-faire dans le domaine de la mobilité urbaine innovante va forcément attirer un écosystème d'entreprises innovantes, que nous allons nous efforcer d'accueillir et d'accompagner.

Acmutep sur l'autre partie des Fromentaux

Outre les 70 hectares aujourd'hui exploités par Transpolis, la zone des Fromentaux dispose de 37 hectares qui seront mis à disposition par la communauté de communes de la Plaine de l'Ain pour travailler sur les espaces publics innovants.

Acmutep pour Accélérateur de mutation de l'espace public. Tel est le nom de code de l'autre projet en cours sur cette zone de la Plaine de l'Ain. Un terrain vierge de 37 hectares sera prochainement exploité par une SEM nouvellement créée. « Courant juin 2019, la SEM Plaine de l'Ain Développement a été créée par la communauté de communes de la Plaine de l'Ain (80 %), Vicat, Groupe Serl et le groupe Brunet (20 % à eux trois) pour exploiter ce tènement sur la thématique des innovations dans l'espace public », explique Jean-Louis Guyader. Dans ses 80 %, la communauté de communes de la Plaine de l'Ain compte la mise à disposition du terrain, estimée à 260 000 €, et une somme de 240 000 € pour les aménagements futurs.

Cette partie-là des Fromentaux ambitionne de devenir le pendant de Transpolis sur les enjeux des aménagements publics. « Les thématiques développées seront liées à la capacité des villes à vivre demain d'une façon mieux adaptée face au réchauffement climatique notamment, mais aussi sur le recyclage des déchets de démolition, testé en grandeur nature lors de la déconstruction de certains baraquements à l'occasion de l'aménagement du site de Transpolis, ou encore sur les enjeux de l'agriculture urbaine », cite pour exemples le président de la communauté de communes.

Là encore, l'atout d'un tel site réside dans la possibilité de réaliser des expériences à l'échelle 1. « Acmutep démarre et toutes les possibilités sont encore à l'étude. » La collectivité prévoit toutefois l'aménagement d'un hôtel d'entreprises pour accueillir des start-ups, des entreprises plus matures et des lieux pour la formation des collaborateurs des collectivités, par exemple à l'utilisation de solutions nouvelles destinées à l'espace public. « Pour l'heure, le terrain reste à aménager en fonction des éventuelles expérimentations à mener. Nous entrons dans une phase de consolidation de ce projet. »




Stéphanie POLETTE
Journaliste

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