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Tony Parker : l'Arena et l'Academy portent les ambitions de l'Asvel

Premier basketteur français à s'imposer aux Etats-Unis, Tony Parker s'est forgé peu à peu, de l'autre côté de l'Atlantique, une image qui va bien au-delà du seul univers du sport professionnel. Aussi à l'aise derrière son bureau d'homme d'affaires que sur les parquets, le président de l'ASVEL Basket a jeté depuis bientôt deux ans les bases d'un projet qui doit conduire le club vers les sommets. Sur le plan sportif, bien évidemment, mais aussi sur le plan économique. l'OL de Jean-Michel Aulas et le LOU d'Olivier Ginon, Tony Parker entend faire de l'ASVEL la troisième puissance majeure du sport lyonnais.
Tony Parker : l'Arena et l'Academy portent les ambitions de l'Asvel
PHOTO : Céline VAUTEY

ActualitéGrand témoin Publié le ,

Premier basketteur français à s'imposer aux Etats-Unis, Tony Parker s'est forgé peu à peu, de l'autre côté de l'Atlantique, une image qui va bien au-delà du seul univers du sport professionnel. Aussi à l'aise derrière son bureau d'homme d'affaires que sur les parquets, le président de l'ASVEL Basket a jeté depuis bientôt deux ans les bases d'un projet qui doit conduire le club vers les sommets. Sur le plan sportif, bien évidemment, mais aussi sur le plan économique. Aux côtés de l'OL de Jean-Michel Aulas et du LOU d'Olivier Ginon, Tony Parker entend faire de l'ASVEL une puissance majeure du sport lyonnais.

Le projet économique du club dépend-il uniquement des résultats sportifs ?

Non, en aucun cas. En revanche, il est évident que les résultats sportifs, s’ils sont bons, nous aideront dans la mise en œuvre de notre projet économique. Quand cela se passe bien sportivement, il est clair que les ambitions de développement sont encouragées, voire accélérées. Tout est lié, mais il faut savoir trouver un juste milieu. Une chose est sûre, le cœur de notre projet, qui repose sur la construction de la nouvelle Arena et sur la mise en œuvre de l’Academy, ne sera pas remis en question si les résultats sportifs prennent un peu de retard. Cela se fera quoi qu’il arrive, car je suis venu ici pour cela et parce que je suis un passionné. Mais j’ai également décidé d’investir à l’ASVEL parce que je suis reconnaissant envers le basket français pour tout ce qu’il a fait pour moi et parce que j’ai envie de lui rendre un peu de ce qu’il m’a donné. Enfin, inutile de le cacher, c’est aussi une façon de préparer mon avenir et la suite de ma vie d’homme, après ma retraite sportive.

Justement, pourquoi l’ASVEL ? Pourquoi ce club et pas un autre, par exemple en région parisienne, où vous avez vécu de nombreuses années ?

Paris était une possibilité, bien entendu. Mais ici à Villeurbanne et à l’ASVEL, j’ai retrouvé cet esprit un peu familial que j’ai connu en arrivant à San Antonio chez les Spurs. C’est à la fois une grande ville et une petite ville, tout le monde se connaît. Lorsque j’ai décidé d’investir, en 2009, je n’ai pas fait ça au hasard. J’ai étudié plusieurs options et j’ai vraiment été séduit par ce que j’ai trouvé ici. Investir dans un club de sport, c’est avant tout une aventure humaine.

La dimension historique du club, qui a marqué l’histoire du basket français, a-t-elle pesé dans votre décision ?

L’ASVEL est certes un club historique, mais ce n’est pas ce qui m’a convaincu de venir ici plutôt qu’ailleurs. Je me répète, mais c’est l’esprit de famille qui m’a immédiatement emballé. Cela correspondait vraiment à ce que je voulais faire, à ce que je pensais être en mesure d’amener et de développer. La culture de ce club me rappelle celle des Spurs, où nous avons été élus meilleure franchise parmi les 4 grands sports américains : basket, football américain, baseball et hockey. J’ai appris beaucoup à San Antonio et j’ai envie de faire la même chose ici.

« J’ai envie de rendre au basket français un peu de ce qu’il m’a donné »

Vous le disiez à l’instant, l’Arena est au cœur de votre projet. Comment faire pour que cette salle, très ambitieuse, garde le caractère familial que l’ASVEL avait su créer dans son historique salle des sports ?

Là encore tout est question d’équilibre. Mais pour que notre business model soit validé, il nous faut une grande équipe, ce qui coûte fatalement plus cher. Donc il faut un outil adapté à cette ambition, donc une salle plus grande. Cela ne nous empêchera pas, cependant, de garder une relation forte et étroite avec nos partenaires et avec nos fans. Ce n’est pas parce que la salle s’agrandit que l’on va perdre le lien. Il est trop important. Nous allons donc concevoir l’Arena pour qu’elle soit à la fois plus grande et à la fois toujours aussi intime. La force du basket repose d’ailleurs sur cette proximité entre le public et les joueurs.

Quand comptez-vous dévoiler les détails du projet ?

Nous ferons une annonce officielle le 12 juillet prochain. A ce moment-là, nous dévoilerons le lieu d’implantation et le nom du constructeur, mais les décisions sont d’ores et déjà arrêtées. Le budget global de l’opération devrait tourner entre 45 et 55 M€, quant à la jauge maximale, elle sera comprise entre 10 000 et 12 000 places.

Serez-vous accompagné par des partenaires pour assurer le financement de l’opération ?

L’Arena sera une enceinte privée, mais il y aura effectivement des partenaires, à 80 % issus du secteur privé, qui se joindront à l’ASVEL pour mettre en œuvre ce projet. Si rien ne vient perturber notre programme, elle devrait ouvrir ses portes en septembre 2019.

Le timing sera en revanche plus court pour l’Academy…

L’Academy ouvrira en effet ses portes un an plus tôt, à Gerland, à proximité immédiate de l’actuel palais des sports. Ce dossier est déjà bien engagé, puisque tout est acté. La pose de la première pierre devrait intervenir d’ici peu. L’Academy sera bien entendu un centre d’entraînement pour l’équipe professionnelle, inspiré de celui que nous avons à San Antonio, mais ce ne sera pas que ça. Je veux en faire une véritable école. Nous avons déjà noué un lien avec l’Institut Le Rosey, en Suisse. Nous avons signé un contrat de trois ans. Pour situer exactement ce que représente Le Rosey, je précise qu’ils ont un lien de cette nature avec un club de football on ne peut plus prestigieux, puisqu’il s’agit du Real Madrid.

Comment cette idée est-elle née ?

J’ai fait un camp de basket avec Le Rosey et j’ai été très impressionné de voir comment étaient accueillis et formés ces jeunes qui venaient du monde entier. J’avais 60 gamins avec moi, qui représentaient autant de pays différents : Irak, Arabie Saoudite, Espagne, Colombie…

Quelle sera la particularité de cette Academy ?

La première particularité, et non la moindre, c’est d’être le tout premier centre d’entraînement intégré dédié au basket en France. Mais nous voulons aussi que la Tony Parker Academy ne propose pas que du basket. Elle sera une véritable porte d’entrée sur la vie. Les parents qui choisiront d’envoyer leur enfant chez nous devrons avoir la certitude que celui-ci, en sortant, trouvera du travail. C’est quelque chose que nous allons pouvoir leur proposer grâce à la présence de tous nos partenaires.

Combien de jeunes intégreront chaque promotion ?

Nous allons avancer par étapes, car il est essentiel de trouver les bons professeurs et de mettre en place la bonne formule, puisque les « académiciens » seront logés sur place. Nous aimerions donc commencer avec 10 à 15 jeunes pour faire les choses sérieusement. Ensuite, si nous pouvons continuer à grandir, il est évident que nous le ferons. Je pense que nous pouvons monter jusqu’à 50 ou 100 jeunes âgés de 14 à 18 ans. A mon avis, un cursus de 4 années, entièrement en anglais, constitue la bonne moyenne.

« Mon approche n’est pas plus américaine que française, elle est équitablement partagée entre les deux cultures »

Vous avez une culture très marquée par les Etats-Unis, où vous êtes arrivé à l’âge de 19 ans ; est-ce que cela se traduit dans votre approche du modèle économique que vous essayez de mettre en place ?

Mon approche n’est pas plus américaine que française. Je pense qu’elle est équitablement partagée entre les deux cultures. J’essaie de prendre le meilleur des deux mondes, pour en faire un cocktail explosif. Il y a des choses qui marchent très bien aux Etats-Unis et qui ne peuvent pas être dupliquées en France. Y compris dans le basket. J’adapte donc en fonction de notre pays et quand je décide de monter l’Arena ou l’Academy, je m’efforce de trouver le meilleur compromis.

Une fois l’Arena et l’Academy sorties de terre, en aurez-vous fini avec les gros investissements ?

Non, les projets ne manquent pas. Une fois que nous aurons l’Arena, nous essaierons notamment de racheter un tournoi de tennis. C’est un sport que j’aime bien et j’aimerais ramener un grand tournoi ATP à Lyon. Je crois que ce serait un bel événement, parfaitement adapté à notre enceinte. Je trouve dommage que le tournoi qui existait il y a quelques années ait été délocalisé à Montpellier, où il ne marche d’ailleurs pas très bien. Mais je ne dis pas que nous visons particulièrement ce tournoi ; il y en plusieurs qui sont en vente. Mon ambition est d’acheter un tournoi et de le faire grandir petit à petit. Ce sont des choses qui prennent du temps et là encore je ne veux rien précipiter. A mes yeux, la construction de l’Arena n’est pas une fin en soi. Ensuite il faut la faire tourner et donc trouver des manifestations pour la faire vivre au quotidien. Je souhaite utiliser l’Arena pour faire venir de beaux événements à Lyon.

Faut-il en conclure que l’Arena pourrait devenir, en quelque sorte, un concurrent du Grand Stade et du stade de Gerland ?

Non pas du tout. Nous ne sommes pas sur le même marché. Nous pouvons accueillir des concerts, des événements d’entreprises… mais le dimensionnement de notre infrastructure n’aura rien de comparable avec le Grand Stade. Nous viserons donc des événements différents. A la limite, s’il faut faire une comparaison, je dirais que nous serons positionnés sur le même type d’événements que la Halle Tony Garnier. Il y aura de la place pour tout le monde. Je ne veux pas entrer en concurrence avec Jean-Michel Aulas ou Olivier Ginon.

Ses dates clés

2014

Prise de contrôle de l’ASVEL Basket dont il devient le président

2009

Entrée au capital de l’ASVEL Basket et nomination au poste de vice-président chargé des opérations basket

2003

Premier titre de champion NBA avec les Spurs de San Antonio. Avant lui, aucun basketteur français n’avait décroché ce titre

2001

Le 27 juin, il rejoint le club des Spurs de San Antonio. Il dispute le premier match de sa carrière en NBA le 30 octobre contre les Clippers de Los Angeles

1999

Premier contrat professionnel signé avec le PSG Racing

1992

Signature de sa première licence à Fécamp

1982

Naissance à Bruges (Belgique)

Palmarès

Meilleur joueur de l’histoire du basket français, Tony Parker dispose aujourd’hui d’un palmarès qui en fait également l’un des basketteurs les plus titrés des Etats-Unis, avec 4 titres de champion NBA (2003, 2005, 2007 et 2014). Depuis 2001, il collectionne les titres et les distinctions : plus jeune meneur de jeu de l’histoire de la NBA, premier Français à décrocher le titre suprême, premier Français sélectionné pour le All Star Game, premier Européen élu meilleur joueur des finales de NBA, meilleur passeur de l’histoire des Spurs de San Antonio… Dans le même temps, il a porté l’équipe de France de basket vers le titre de championne d’Europe en 2013, décrochant également une médaille d’argent (2011) et deux médailles de bronze (2005 et 2015) dans cette épreuve.

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