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Thierry Gardon : « Nous disposons de nombreux outils pour assurer la protection des entreprises »

Publié le - - Droit

Thierry Gardon : « Nous disposons de nombreux outils pour assurer la protection des entreprises »
© Marine Gonard - Au premier plan, Thierry Gardon succédant à Michel Thomas (second plan)

Thierry Gardon est le nouveau président du tribunal de commerce de Lyon. Ses ambitions pour la juridiction : ouvrir encore plus le tribunal de commerce et mieux communiquer sur ses actions en faveur de la protection des entreprises.

Quel est votre parcours professionnel ?

Je suis ingénieur de formation. J'ai débuté ma carrière chez Rhône-Poulenc. J'y suis resté 13 ans. Je travaillais en tant que business manager. J'ai effectué des audits industriels dans les pays de l'Est suite à la chute du Mur de Berlin en vue de monter des joint-venture. Je suis entré ensuite à Porcher Industries et ma rencontre avec son dirigeant et fondateur, Robert Porcher m'a donné le goût de l'entrepreneuriat.

Votre premier contact avec le tribunal de commerce ?

Je connaissais Yves Gaussorgues, vice-président du tribunal de commerce de Lyon dans les années 90. Il m'a beaucoup marqué par sa personnalité et m'a donné l'envie de devenir juge, en 2010. Mon engagement répondait à un souhait de rendre à l'entreprise ce qu'elle m'avait apporté.

Quelle est la vocation d'un tribunal de commerce ?

Notre engagement c'est de protéger l'entreprise. Parmi les différentes procédures que nous traitons (redressement judiciaire, procédures de sauvegardes…) 70% de nos dossiers sont des contentieux entre commerçants. Je rappelle que tous les juges sont bénévoles et penser que nous pouvons avoir quelque intérêt dans cette fonction c'est faire preuve de peu de respect par rapport à cet engagement. Il y a pu avoir par le passé quelques travers, mais aujourd'hui, les textes protègent de tout égarement. Les juges suivent des formations obligatoires et complémentaires. La loi de modernisation de la justice prévoit par ailleurs une déclaration d'intérêts pour chaque juge lorsqu'il entame sa mission pour éviter tout conflit en rapport avec une affaire qu'il devrait instruire. Si tel était le cas, il serait remplacé par un autre juge.

Pourquoi avoir créé un collège de déontologie ?

Les questionnements peuvent exister par rapport à une nomination de juge, comme cela a été le cas lors de ma nomination. Nous nous devions de proposer une structure qui puisse répondre à ces questionnements. Le collège peut ainsi être saisi par une personne qui pourrait être interpellée par la présence ou l'action d'un juge par rapport à une décision prise. C'est une volonté de transparence.

Quelle est la situation des défaillances d'entreprises dans la région lyonnaise ?

Sur 1 300 liquidations judiciaires prononcées en 2019, 40% concernaient des entreprises de moins deux ans qui n'avaient pas payé de charge fiscales et sociales. On a aussi en face de nous des chefs d'entreprises de circonstances qu'il convient d'isoler car ils ne représentent pas la majorité des dirigeants.

On a des entrepreneurs qui viennent trop tard se mettre sous la protection du tribunal. Dans l'esprit des chefs d'entreprise le tribunal fait peur. C'est l'un de nos chantiers, ouvrir le tribunal et mieux communiquer sur ses actions.

Une entreprise peut venir chercher une protection au tribunal avant que les problèmes s'accumulent. Nous disposons de tous les moyens pour les aider, en toute confidentialité et ce en étant déconnecté du parcours judiciaire. Nous avons une fonction préventive qu'il faut développer. Nous disposons de 11 procédures différentes pour aider les entreprises. Lyon possède aussi des professionnels spécialisés dans l'insolvabilité (mandataires judiciaires, avocats), capables de d'aider les entreprises.
Un tribunal de commerce ne peut pas être isolé de l'environnement économique local. La Cpme et le Medef nous aident d'ailleurs à placer des juges issus de leurs rangs. La notion d'entreprendre intègre l'échec, et ça on ne l'a pas assez pris en compte dans la culture d'entreprise en France. L'échec fait partir de la vie de l'entrepreneur.
A noter que le contentieux général s'est allégé car un bon nombre d'affaires ont été traitées via les Modes alternatifs de règlement des différends (Mard). Il faut encore monter en puissance sur ce mode de gestion. Nous possédons également d'un très bon greffe et des juges disponibles qui permettent de bien traiter nos dossiers.

Le tribunal de commerce de Lyon en chiffres

- 4 chambres de contentieux général

- 3 chambres de procédures collectives

- 1 chambre de prévention

- 1 chambre de règlements amiables – MARD

- 69 juges

En 2019 :

- 663 ouvertures de Modes alternatifs de règlement des différends (Mard)

- 2072 affaires nouvelles de contentieux en 2019

- 813 déclarations de cessation de paiements




Julien THIBERT
Journaliste

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