AccueilCollectivitésTerritoire - Ligne TGV Paris-Orléans-Lyon : le Ceser choisit le scénario médian variante Roanne

Territoire - Ligne TGV Paris-Orléans-Lyon : le Ceser choisit le scénario médian variante Roanne

En juin 2012, Réseau Ferré de France prendra sa décision quant à la construction ou non de la ligne de TGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon et, dans l’affirmative, choisira un tracé parmi les options proposées par ses services techniques.

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En tant que maître d’ouvrage (à la demande de l’Etat), RFF a saisi la commission nationale du débat public qui a créé une commission particulière dont le rôle est de concrètement générer un débat et de porter les informations à la connaissance du public, en recueillant son avis par divers moyens. Ce travail a débuté en octobre sur tout le territoire concerné par la ligne (17 millions d’habitants) : réunions de proximité, affichages, campagnes presse, bus d’information, site Internet, réunions thématiques et auditions publiques d’élus, de responsables d’association, de responsables économiques…
Chacun y va de son avis, de son rapport. De nombreuses collectivités ont apporté leur pierre. Le Conseil économique, social et environnemental régional Rhône-Alpes a quant à lui publié une contribution (89 voix pour et 14 abstentions) le 12 décembre.
Dans cette contribution, le Ceser se montre favorable au principe du projet qui « constitue une opportunité de réaliser, par la désaturation du maillon clé Paris – Lyon du réseau LGV, une grande opération d’aménagement du territoire et de développement durable pour desservir les territoires du centre de la France et l’Auvergne (tout en ne passant pas par Clermont-Ferrand). Il intéresse l’espace Grande-Bretagne – Italie – Péninsule ibérique, au-delà de l’espace central français. »
Le Ceser se dit préoccupé par les risques de dégradation de l’exploitation de la ligne à grande vitesse Paris – Lyon et estime que le doublement de cette ligne est essentielle à l’insertion de Rhône-Alpes et du Sud Est dans l’espace européen. Mais il y a selon le conseil, des conditions à respecter pour en assurer la faisabilité et le succès : limiter les crédits publics à mobiliser, avoir une forte ambition sur les temps de parcours et offrir une grande qualité des correspondances à Lyon et Paris. Le Ceser estime ainsi que seuls sont réalistes les scénarios Médian et Est du tracé, dont la valeur actualisée nette serait de l’ordre de 10 milliards d’euros grâce à un gain de l’ordre de 6,5 millions de voyageurs. Il approuve la position de RFF ouvrant la possibilité d’un phasage avec une voie sur ballast pour des trains à 320 km/h en vitesse de pointe, voie qui pourrait ultérieurement être dallée pour admettre des trains atteignant 360 km/h. Le but étant de mettre Paris et Lyon à 1 h 30 contre 1 h 55 actuellement (et 1 h 45 dans le projet POCL standard).
Pour les connexions côté Lyon, c’est la Part Dieu qui doit être privilégiée selon le Ceser. Mais Saint Exupéry et Perrache doivent en profiter également, le conseil soulignant par ailleurs la nécessité entre Part Dieu et Perrache d’une sorte de jumelage par un lien très performant et rapide en transport collectif.
On l’a vu, d’un point de vue économique, le Ceser retient les scénarios Médian et Est du tracé. D’un point de vue de l’aménagement du territoire, il estime cependant que le scénario Est est défavorable au Centre et à l’Ouest français et qu’il ne peut pas être retenu. Le Ceser choisit donc le scénario Médian, soulignant qu’il peut en outre être considéré comme la première phase d’un barreau Est-Ouest reliant Rhône-Alpes à la façade atlantique.
Toujours en termes d’aménagement du territoire, le Ceser pense au désenclavement et au développement de Roanne. Il choisit donc la variante par Roanne qui est en outre plus favorable à la desserte de Clermont et de Lyon Perrache, à condition que le TGV ne rentre pas dans le centre de Roanne mais qu’une gare soit construite au Nord de l’agglomération.
En résumé, pour le Ceser, le scénario médian variante Roanne est le plus favorable en termes économique et d’aménagement du territoire. Et il lui semble aussi assez favorable en matière d’insertion environnementale, malgré la difficulté pour franchir les vallées de la Loire et de l’Allier, classées en zones Natura 2000, des vignobles AOC, ou le Gâtinais français (PNR et site Unesco).
Le scénario médian permettrait aussi par le gain de temps de parcours, un meilleur report modal sur longue distance aux dépens de l’avion : les économies d’énergie et de CO2 amélioreraient ainsi de manière importante le temps de « retour à l’équilibre carbone » calculé par RFF.

A.R.

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