AccueilCultureSpectacle vivantThéâtre TNP Villeurbanne / Tartuffe au bal des vampires

Théâtre TNP Villeurbanne / Tartuffe au bal des vampires

Mise en scène ébouriffante pour ce Tartuffe à connotation pasolinienne revendiquée, dit « Théorème » de Macha Makeïeff.
Théâtre TNP Villeurbanne / Tartuffe au bal des vampires
Vincent Winterhalter (Orgon) et Xavier Gallais (Tartuffe) © Pascal Gely

CultureSpectacle vivant Publié le ,

La metteuse en scène, directrice du théâtre de la Criée de Marseille, Macha Makeïeff, n’y va pas avec le dos de la cuillère dans l’alignement des références.

On se prend au jeu de trouver les films, les auteurs, les mythes évoqués, comme au jeu de Trouver Charlie : Nosferatu de Murnau et même Polanski (Bal des Vampires) ou L’Hôtel Transylvanie pour les plus jeunes (!) dans le rôle et les costumes de Tartuffe , joué avec brio par Xavier Gallais, Orange mécanique, avec la façon de tenir le club de golf sur les épaules de Damis…et la musique bien présente, de Mozart à Nirvana, de Bach à Radiohead.

Mention très bien sur l’humour grinçant, les comédiens décalés dont Pascal Ternisien, très drôle et « Deschiens » en diable (la bonne Flipote, l’Huissier ; Monsieur Loyal) et Jin Xuan Mao (Cléante) et la présence d’Irina Solano (Dorine) entre autres talents.

Tartuffe est l’escroc, « L’Imposteur » qu’on connaît, créé par Molière pour la première fois en 1664 et revisité, parce qu’interdit deux fois de suite jusqu’en 1669. La pièce était accusée de maltraiter les dévots. Après maintes péripéties et réécritures, au final, le Roi Soleil a laissé jouer.

Tartuffe champion du monde de l’hypocrisie et de la fausse dévotion est aussi gourou de secte dans la version Makeïeff. Cette famille névrosée à souhait, « à la Sagan », cigarette et verre de whisky en main, est pain béni pour un Tartuffe libidineux, manipulateur, voleur…

D’autres mises en scène dans le passé avaient pris le parti d’éluder la fin, et d’arrêter l’intrigue après que Tartuffe eut ruiné Orgon. Cela vaut surement mieux que ce happy end, qui tombe à plat, après une pièce soutenue, où l’on ne voit pas bien la dimension politique.

Reste que les 2h20 de la pièce sont indolores. En ce sens, que le fourmillement de trouvailles de mise en scène est incessant, et capte le spectateur chaque minute.

Tartuffe, TNP Villeurbanne, jusqu’au 19 mars.

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