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Sport et nazisme, liaisons dangereuses

Sport et nazisme, liaisons dangereuses

CultureExposition Publié le ,

En 1936, le IIIème Reich organisait les jeux olympiques de Berlin. Huit décennies plus tard, le CHRD présente une exposition réalisée par le mémorial de la Shoah qui embrasse la période 1936-1948 (l’année des J.O. de Londres) et dresse le tableau d’une décennie tragique. Cette époque est également marquée par l'avènement du sport comme outil de propagande d'un corps glorieux, comme celui de Leni Riefenstahl dans Les Dieux du stade ou celui de l'affiche de l'exposition. Installée dans les sous-sols du musée et une partie du rez-de-chaussée, Le sport européen à l’épreuve du nazisme se découpe en trois parties.


Le parcours s'ouvre sur une partie purement historique « la décennie tragique : Berlin (1936)-Londres (1948) » qui raconte, au travers de panneaux composés de nombreux documents et une iconographie inédite, cette chronologie, du boycott avorté des J.O. de Berlin à la mise à l'écart et l'extermination des sportifs juifs, en passant par les Maccabiades, jeux olympiques juifs créés en 1932. Où l'on comprend comment le régime nazi a tenté d'élaborer une « nouvelle Europe du sport » avec l'autre puissance européenne de l'axe, l'Italie de Mussolini, avant de détruire le mouvement sportif juif et déporter ses meilleurs athlètes. Tout comme le régime de Vichy a utilisé le corps sportif dans sa propagande. Mais aussi comment les hommes ont pu résister dans et par le sport, son rôle dans les ghettos et l'univers concentrationnaire. Où l'on voit aussi se dessiner un renouveau avec les J.O. de Londres.


La deuxième partie, en sous-sol, présente une galerie de portraits de sportifs juifs de très haut niveau, de nombreux documents et objets à l'appui. Où l'on découvre des destins d'athlètes particulièrement emblématiques de l'évolution des sociétés comme celui de Lilli Henach, lanceuse de poids morte dans le ghetto de Riga, victime des einsatzgruppen ou celui de Moshe Feldenkreis, judoka tout d'abord réfugié aux USA avant de s'installer en Israël pour devenir directeur du département d'électronique de l'armée. Autant d'itinéraires singuliers, déclinés en disciplines sportives (sports de raquettes, escrime, football, gymnastique, sports de combat, natation, athlétisme) pour mieux appréhender les figures. Des enregistrements audio complètent le dispositif.


La troisième partie est réservée l'histoire locale. Reflet d'une volonté nationale de d'exalter le sport et la jeunesse, l'exemple de Lyon permet d'illustrer l'impact et l'importance de la politique sportive de 1940 à 1944, à travers l'organisation de grandes manifestations sportives et de parcours d'athlètes d'exception comme Tola Vologe et Tony Bertrand (voir encadré).

Le sport européen à l'épreuve du nazisme,
CHRD jusqu'au 29 janvier, www.chrd.lyon.fr

Tola Vologe et Tony Bertrand

Sportif complet, Tony Bertrand commence le sport très jeune et adhère au LOU dès l’âge de 14 ans, club auquel il restera toujours fidèle. Il devient champion de France d’un concours réunissant, à l’époque neuf disciplines, de 1937 à 1939. Il intègre en janvier 1941 le Collège national de moniteurs et d’athlètes qui lui permet de se consacrer entièrement à sa discipline préférée. Celui qui a donné son nouveau nom à la piscine du Rhône sera également adjoint aux sports de la ville de Lyon et vice-président du Conseil général du Rhône. Pendant la guerre, il agit au sein du réseau « sport libre » et se lie d’amitié avec Tola Vologe, hockeyeur sur gazon réfugié à Lyon et abattu par les Allemands au prétexte d’une tentative d’évasion.

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