AccueilActualitéSociétéSpectacle vivant - L’inquiétante actualité de La Vie de Galilée

Spectacle vivant - L’inquiétante actualité de La Vie de Galilée

Ce mois-ci, les Célestins donnent rendez-vous au public lyonnais, avec deux des plus grands théâtres d’Europe.

ActualitéSociété Publié le ,

Avant Toni Servillo et sa troupe du Teatri Uniti di Napoli, pour Les voix intérieures d’Eduardo de Filippo (du 26 au 29 mars), c’est encore en Italie que nous conduisent les acteurs de la Schauspiel de Struttgart, pour une version de La Vie de Galilée.

En quinze tableaux, l’oeuvre de Bertolt Brecht emprunte l’itinéraire du physicien italien. La pièce débute à Venise, se poursuit à Florence puis à Rome où Galilée finira par se rétracter et renier les théories coperniciennes. La peur du bûcher ? Sans doute. Mais en homme de théâtre, Brecht justifie la décision de son héros par l’inutilité d’une résistance qui de toute façon n’améliorerait pas la condition humaine. Ecrite dans une langue limpide et fluide, la pièce emprunte les chemins de la fable pour traiter le conflit entre la science et l’Eglise, la raison et l’imagination, la vérité et l’obscurantisme. Des thèmes qui ont rarement été d’une actualité aussi brûlante.

A l’inverse de la lecture joyeuse et iconoclaste de Jean-François Sivadier, que les Célestins avaient programmée en 2003, le metteur en scène Armin Petras offre une version affranchie de toute approche didactique et démystifie joyeusement l’imposante pièce testamentaire de Brecht. L’intendant du théâtre Maxim Gorki de Berlin invite l’auteur de la pièce sur le plateau où Galilée braque incessamment son télescope vers les astres, sans oublier un regard passionné sur les hommes et le monde.

De la profusion de personnages qui gravitent autour du mathématicien surgit une galerie de portraits qui se superposent pour se fondre dans le décor du plasticien Carsten Nicolai déployant un arsenal optique spectaculaire sur la scène. A la frontière entre physique, philosophie et hypnose, les tableaux fascinants de ce spectacle offrent à Brecht, et à Galilée, une vitalité nouvelle.

Antonio Mafra

Théâtre des Célestins, du 10 au 13 mars, www.celestins-lyon.org

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