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Spectacle vivant - L'art et la manière

Ivo van Hove reconstruit Fountainhead d’Ayn Rand dans un spectacle virtuose à l’architecture aérienne. Rivalité d’architectes entre Howard Roark, le moderniste qui croit à la création solitaire, et Peter Keating, le consensuel à l’écoute des goûts du public, rivalité amoureuse et portrait au vitriol de la critique fondent Fountainhead (La source vive) d’Ayn Rand.

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Ivo van Hove reconstruit Fountainhead d’Ayn Rand dans un spectacle virtuose à l’architecture aérienne.

Rivalité d’architectes entre Howard Roark, le moderniste qui croit à la création solitaire, et Peter Keating, le consensuel à l’écoute des goûts du public, rivalité amoureuse et portrait au vitriol de la critique fondent Fountainhead (La source vive) d’Ayn Rand. Roman culte chez les architectes, cette oeuvre écrite dans les années 1940 prend position pour le premier, l’individualiste qui refuse les compromissions. Ivo Van Hove (dont les mélomanes ont applaudi sa version du Macbeth de Verdi à l’Opéra de Lyon) est moins tranchant. Son adaptation rééquilibre les deux visions dans un spectacle qui questionne le statut de l’artiste dans la société capitaliste d’aujourd’hui, pose la question du rapport de l’art à l’argent. Un thème majeur de ce festival d’Avignon à la fois dans la programmation et dans le contexte du combat des intermittents.
Le décor se dresse comme immense loft, que des caméras filment en permanence. En régie, le choix des images permet de fluidifier les changements de lieu, de pénétrer dans l’intimité des personnages, de visualiser en direct les projets architecturaux des deux rivaux. Au fond, quelques musiciens déploient une palette sonore, moderne et délicate. Les interprètes relaient cette virtuosité dans le traitement du son et de l’image avec un jeu direct, presque brut, sans tentation psychologique. Les mots parlent d’eux mêmes. C’est là que le bât blesse. Le flot ininterrompu des mots oblige le spectateur, qui ne parle pas un mot de néerlandais, à fixer son regard sur l’écran de traduction, l’empêchant de pénétrer dans ce loft. Cette réserve mise à part, le spectacle d’Ivo van Hove constitue l’une des belles surprises du cru 2014 d’Avignon.

Antonio Mafra


Cour du Lycée Saint-Joseph jusqu’au 19 juillet à 21 h

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