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Spectacle vivant - I like to be in America

L’ONL joue la partition de Bernstein sur les images de West Side Story, dans une copie restaurée récemment pour un ciné-concert avec le Philharmonic de New York.

ActualitéSociété Publié le ,

Flash-back sur une aventure musicale et cinématographique inédite.

New York, début des années 1960, deux bandes rivales, les Sharks et les Jets, les amours impossibles de Maria et de Tony... La transposition de Roméo et Juliette n’a pas pris une ride. Du moins dans le coeur des admirateurs du chorégraphe Jerome Robbins ou des mélomanes emportés par le rythme et le lyrisme de la partition composée par Leonard Bernstein. A peine se souvienton que, derrière la caméra, il y avait un réalisateur, Robert Wise. Retour sur un succès inattendu qui a changé le visage de la comédie musicale de Broadway.
La première version de West Side Story date de 1954 ! Un four. Le public de Broadway boude ce spectacle où la danse prend le pas sur le théâtre et la musique. L’année suivante, sous la houlette de Stephen Sondheim, qui a écrit les textes des chansons, l’oeuvre est remaniée et présentée à nouveau. Un succès ! Hollywood s’en empare. Mais sans Bernstein qui, toute sa vie, détestera ce film interprété par une distribution d’inconnus, à l’exception de Natalie Wood.
A Broadway, il y a un avant et un après West Side Story. Avant, dans un style conventionnel, une alternance entre texte et musique. Après, une fusion des genres avec l’irruption de la danse. Il y a aussi un avant et un après pour Bernstein. Avant, pour Broadway, il a composé trois comédies musicales, où transpirent les influences populaires et jazzy, et collaboré avec le cinéma, dans Sur les quais, film d’Elia Kazan avec Marlon Brando. Après, il adopte un style plus personnel, influencé par l’univers du classique. Toute sa vie, il regrettera que son nom soit d’emblée, dans l’esprit du grand public, associé à West Side Story. Il aurait sans doute préféré rester dans les mémoires pour ses symphonies ou son opéra Candide. Mais rien à faire. Leonard Slatkin, qui a dirigé l’ensemble de son oeuvre, croit même que les tubes extraits du film musical font partie des airs les plus pillés et arrangés par le jazz.
Pour les fêtes de fin d’année, l’Auditorium déploie un immense écran où seront projetées les images en Scope et Technicolor de West Side Story. Sur la scène, l’Orchestre National de Lyon, placé sous la direction de Ernst Van Tiel. Ce chef néerlandais fait partie des rares spécialistes des ciné-concerts, un genre que l’ONL et l’Institut-Lumière développent, en partenariat, depuis quelques années à l’Auditorium qui, généralement, fait salle comble. Il existe deux versions de West Side Story pour le ciné-concert. L’ONL propose la plus récente, celle que David Newman a récemment dirigée avec New York Philharmonic. 2 h 30 de bonheur ! Dont 1 h 45 de musique. Presque autant qu’un opéra.

Antonio Mafra


Auditorium, du 31 décembre au 3 janvier. www.auditorium-lyon.com

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