AccueilCultureExpositionVilleurbanne: Raymond Depardon et Kamel Daoud, regards croisés sur l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui

Villeurbanne: Raymond Depardon et Kamel Daoud, regards croisés sur l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui

Au pôle Pixel à Villeurbanne, l’exposition "Son œil dans ma main" réalisée par Raymond Depardon et Kamel Daoud ouvre ses portes du 15 octobre 2022 au 26 mars 2023. Ensemble, ils proposent un regard sur l’Algérie de 1961 puis celle de 2019.
Raymond Depardon (à gauche) et Kamel Daoud (à droite) tapisserie / photographie - entrée de l'exposition
© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste - Raymond Depardon (à gauche) et Kamel Daoud (à droite) tapisserie / photographie - entrée de l'exposition

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"Pour l’exposition je voulais des cadres en métal, pas des cadres en bois parce que les cadres en bois ça fait trop nostalgique. Là il n’y a pas de Nostalgie",explique le photoreporter Raymond Depardon lors de l’inauguration de Son œil dans ma main.

En effet, cette exposition invite à se replonger dans des instants de vies des Algériens de 1961, puis ceux de 2019 au prisme du regards de deux artistes. Textes et photographies sont encadrés d’égal à égal par du métal. Le noir et blanc tissent un lien entre les époques, et la plume de Kamel Daoud, entre prose et carnet de bord, accompagne les photographies.

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste - Raymond Depardon à l'exposition "Mon oeil dans ta main"

L’Algérie dans les yeux de Raymond Depardon et le témoignage de Kamel Daoud

"L’Algérie souffrait d’un manque d’image", décrit Raymond Depardon. Ainsi, les deux artistes ont choisi de la raconter en image et en texte. La collaboration entre l’écrivain et le reporter a d’abord engendré un livre, puis a donné lieu à cette exposition au Pôle Pixel, conçue par l’Institut du monde arabe. Les images sont sans violences.

Pas de cadavres, pas de manifestation. Juste une promenade à Alger et à Oran à deux époques différentes mise en relief par des textes tout autant imagés. "Dans la salle des photographes, le premier commandement c’était "Tu ne donneras jamais tes films à la police tu les planques, tu donnes un film vierge, mais tu donnes pas à la police". Il y avait très peu d’information sur l’Algérie" témoigne le photographe.

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste

Même les photographies inédites de la signature des accords d’Evian , en 1962, gardent un ton intime. Comme si le photographe avait posé son appareil photo dans un coin de la pièce, puis avait laissé l’objectif figer des instants moins officiels.

En 2019, les images et les textes sont issus d’un voyage d’une dizaine de jours entre Alger et Oran. Kamel Daoud, écrivain franco-algérien, a connu l’Algérie après les accords de paix, tandis que Raymond Depardon a vécu les manifestations et les affrontements en tant que reporter. "Les photos il fallait en faire une. En 2019 c’est toujours pareil, il faut en faire une, celle d’après les personnes posent. Donc pour avoir une photo naturelle il faut en faire qu’une à la fois", indique le photoreporter en agitant sont appareil argentique.

Une promenade sans nostalgie donc, entre deux époques, qui met en perspective d’une autre manière l’Algérie des années 1960 et l’Algérie contemporaine.

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste

Pourquoi Raymond Depardon est parti en reportage en Algérie dans les années 1960 ?

Jusqu’aux accords de paix signés entre l’Algérie et la France en mars 1962, à Evian, l’Algérie était une colonie française. Le début du conflit est daté au 1er novembre 1954, lorsque les indépendantistes lancent une série d’attentats appelés "La Toussaint rouge".

S’en suivent huit années d’affrontements entre les indépendantistes, prônant l’indépendance du pays, et les délégations françaises qui veulent continuer d’administrer l’Algérie. La guerre d’Algérie relève encore d’enjeux de mémoires.

Par exemple, jusqu’en 1999, la France appelait les événements « opérations de maintien de l’ordre » et non « Guerre ». Ce mardi 18 octobre 2022, le président Emmanuel Macron présidait une cérémonie d’anciens combattants de la Guerre d’Algérie dans une dynamique, selon l’Elysée, de reconnaissance "des mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie pour créer les conditions de leur apaisement."

L’exposition Son œil dans ma main est ainsi un regard, un témoignage sur l’Algérie de 1961, puis celle de 2019.

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