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Si vis pacem…

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Il y a eu Nice. Il y a désormais Berlin. Deux camions. Deux tueries aux glaçantes similitudes. Deux attentats qui fragilisent encore un peu plus un vieux continent en pleine crise de civilisation.

La cible est fichtrement symbolique : un marché de Noël. Celui de la Breitscheidplatz, à Berlin, frappé en son cœur en début de semaine, et sépulture hiémale de douze personnes, victimes de l’odieux attentat perpétré puis revendiqué par l’Etat islamique. Ce nouvel acte de barbarie replonge les Français dans l’horreur de cette guerre contre le terrorisme, à quelques jours de la commémoration des événements du 7 janvier 2015 à Paris. De tristes réminiscences, mais surtout l’impression d’un cycle sans fin.

De tout l’Hexagone, du plus haut sommet de l’Etat jusqu’au citoyen lambda, ont émergé les marques de sympathie. Bousculé dans son quotidien, chacun a essuyé ce nouvel horion comme une atteinte à une ambition du mieux vivre ensemble.

Comparaison n’est point raison certes, mais cet événement dramatique de Berlin, apparié à celui de Nice, rappelle d’autres épisodes belliqueux du début du XXe siècle et ayant mis aux prises les deux protagonistes du Rhin. Entre la déclaration des hostilités d’août 1914 et la fin d’année, quelque 300 000 morts ont été recensés en quatre mois de Grande Guerre. Les troupes sont éreintées, le moral en berne. Survient alors ce moment d’humanité, tout droit sorti des tranchées. Le ténor berlinois Walter Kirchhoff entonne, dans la nuit noire et froide, un chant de Noël. En écho, lui répond une musique britannique. Cet échange constitue les prémices d’une nuit de trêve, au cœur de ce Noël pas comme les autres. Les armes se taisent, les belligérants fraternisent dans un no-man’s land irréel. Une parenthèse de paix avant la reprise hyrcanienne des combats.

L’attentat de Berlin surgit alors que le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers a réclamé, dans une tribune, « une hausse du budget de la défense pour atteindre les 2 % du PIB ». Cette exigence est mue, selon lui, par la nécessité de mettre en cohérence la menace terroriste, les missions et les moyens des armées. Et de conclure sa requête ainsi : « Le prix de la paix, c’est l’effort de guerre ».

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