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Serge Baudo, le pionnier

Août 2010.

ActualitéSociété Publié le ,

Après vingt ans d’absence, Serge Baudo retrouve les musiciens de l’Orchestre national de Lyon. Retrouvailles publiques, non à l’Auditorium, mais au festival Berlioz de La Côte-Saint-André. Un clin d’oeil à l’histoire pour celui qui fut à l’origine de ce festival passé à la trappe par Michel Noir en 1989. Une longue absence pas très bien vécue - même s’il n’ose l’avouer - par ce chef qui a créé cette phalange dans le désert musical de la France des années 1960.

Fils d’Etienne Baudo, hautboïste et professeur au conservatoire de Paris, neveu du célèbre violoncelliste Paul Tortelier, Serge Baudo a été élevé dans un environnement musical. Prix d’harmonie et de direction d’orchestre en poche, ce natif de Marseille commence sa carrière comme percussionniste. Nommé à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Paris en 1962, puis de l’Orchestre de Paris en 1967, il accepte de « s’exiler » à Marseille, sa ville natale, pour créer le premier orchestre de province à la demande de Marcel Landowski, le directeur de la musique d’André Malraux. Gaston Defferre, maire de la cité phocéenne, refuse ce cadeau qu’il juge « financièrement » empoisonné. Et pourquoi pas Lyon ? Lyon où Louis Erlo, le tout jeune directeur de l’Opéra, s’apprête à lancer l’opéra-nouveau, l’une des expériences les plus audacieuses dans l’art lyrique français au XXe siècle. Pour ses premiers pas à Lyon, il dirige Platée de Rameau avec, dans le rôletitre, Michel Sénéchal.

A Lyon, Serge Baudo récupère un orchestre de seconde zone, vieillissant et protégé par son statut, défendu par des syndicats puissants qui freinent tout contrôle de fonction, payés avec des salaires médiocres qui ne suscitent pas les vocations des jeunes musiciens issus du conservatoire de Paris. Serge Baudo aurait pu jeter l’éponge. Il s’arme de patience, se motive avec les productions iconoclastes de l’opéra où il partage le pupitre avec Theodor Guschlbauer. Chaque départ négocié, parfois par un reclassement au conservatoire de région, est remplacé par un nouveau musicien qui hisse le niveau.


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Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5137 du samedi 24 janvier 2015

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