Serfim fête ses 140 ans

Entreprise indépendante, Serfim résiste à la morosité du secteur des travaux publics. A la tête de cette ETI, que Marc Paccalin lui a cédé en 1986, Guy Mathiolon renoue avec l'esprit des origines dans un plan stratégique défini jusqu'en 2025.
Serfim fête ses 140 ans
Photo : Prisme consulting - Guy Mathiolon (3e à partir de la gauche) : " Serfim doit grandir, pas grossir "

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De 2004 à 2013, Serfim a doublé son chiffre d’affaires, 50 % par croissance interne, 50 % par acquisitions. Les prochaines années devraient maintenir ce niveau de progression grâce à un plan stratégique décliné en trois grandes orientations : continuer à faire ce qui fonctionne, implanter Serfim en région parisienne et, faisant suite à l’acquisition d’un bureau d’études à Barcelone, accélérer le développement à l’international.
Les fondamentaux concernent principalement l’innovation, poussée en interne par le challenge Eurêka, à l’origine de Serfim Mobility. « Nous avons inventé les barrières de chantier permettant aux malvoyants de contourner les obstacles, détaille Guy Mathiolon. Nous avons installé la plupart des stations Vélo’V et Autolib à Lyon. A Chambéry, nous venons d’implanter des lampadaires alimentés à l’énergie solaire. A Evian, Serfim conduit le projet Terragr’eau pour protéger les sources d’Evian des effluents agricoles ». D’autres dossiers, comme les véhicules propulsés à l’hydrogène, mobilisent les équipes de l’ETI de Vénissieux.
L’implantation en Ile-de-France répond à la structure d’un marché des TP dont 50 % de l’activité est généré en région parisienne. Serfim a posé les premiers jalons dans le domaine de la dépollution. Mais les secteurs de l’eau et de l’assainissement offrent de belles opportunités dont l’ancien président de la CCI de Lyon veut profiter en procédant, dans les jours prochains, à une opération de croissance externe. La cible pèse 40 M€ qui viendront s’ajouter aux 235 M€ de chiffre d’affaires prévus cette année, pour un résultat net de 5 M€.

Parent pauvre, ces dernières années, l’international pourrait constituer un relais de croissance dans le sillage de Barcelone et du bureau commercial de Tunis. Le groupe puise ses ressources dans les compétences qu’il développe en partie au sein de l’Académie Serfim. 733 des 1 600 collaborateurs ont bénéficié de ses formations. Une manière de compter sur ses propres forces. « Serfim doit grandir, pas grossir », insiste Guy Mathiolon qui entend préserver l’indépendance d’un groupe qui décline 24 filiales, et investit près de 15 M€ par an, hors croissance externe. Pour préserver cette indépendance, Serfim a diversifié ses activités. Si l’énergie représente 26 % du chiffre d’affaires, aucun des six autres métiers ne dépasse les 14 %. Cette diversité permet une réactivité que les poids lourds du secteur (Vinci, Eiffage, Bouygues) ne peuvent offrir. «Nous avons livré le Matmut Stadium en 80 jours », rappelle le dirigeant.
Serfim, qui embauche une centaine de personnes par an, présente un niveau d’endettement nul. Autrement dit, l’endettement à long terme correspond à sa trésorerie. « Nous n’avons ni envie, ni surtout le besoin d’aller en bourse. A moins que, précise Guy Mathiolon qui possède 80 % du capital de la société (les cadres contrôlent les 20 % restants dans le cadre d’un pacte d’actionnariat), une opération de croissance externe nous conduise à faire appel au marché. Il n’y pas de tabou ».

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