Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Sens interdits, c'est parti...

le - - Spectacle vivant

Sens interdits, c'est parti...
©-théâtre-KnAM

Le festival Sens interdits vient de commencer tambour battant avec la création de la coqueluche du festival, Tatiana Frolova et son Théâtre KnaM perdu au fin fond de la steppe sibérienne.

Intitulé Ma petite Antarctique, ce nouveau spectacle produit par le festival est effectivement glaçant. Mais aussi léger comme un flocon de neige. Comme à son habitude, la metteuse en scène russe et ses quatre fidèles complices plongent dans le passé du pays à la recherche de mémoires enfouies. Mémoires des bourreaux et des victimes, mémoires inventées pour justifier l'édification de la ville sortie de terre en 1932, soit disant fondée par les jeunes pionniers, en réalité construite par les prisonniers du Goulag.

Économie de moyens et imagination sont les maîtres-mots du travail du Théâtre KnaM. Même si certains esprits chagrins ne manqueront pas de dire que Tatiana Frolova se répète, il faut souligner l'intelligence du propos et la délicatesse de son énonciation. Quelques gouttes de « sang » projetées sur un drap suffisent à décrire la folie meurtrière qui s'empare de cette mère massacrant des canetons.

Des sacs poubelles deviennent des couvertures dans le clair-obscur qui nimbe le plus souvent la scène. Des mots, des images surgissent pour dénoncer le pire, pour dire l'urgence d'exister. Ce n'est pas un hasard si le conte d'Andersen, La reine des neiges, est le point de départ de la pièce et son fil d'Ariane. Un conte ambigu où la beauté a le visage de la mort. À l'image de ce spectacle, à la fois terrifiant et poétique en diable !

Un aperçu, sans doute de ce qui va se produire en deuxième partie de festival. Avec ces incontournables Tels Oreste à Mossoul ou Mandelstam, deux spectacles respectivement mis en scène par l'immense artiste suisse Milo Rau et le non moins légendaire metteur en scène russe Roman Viktyruk.

Deux rendez-vous attendus avec impatience par les spectateurs exigeants ! On encourage vivement les curieux à aller voir Danse avec le diable, une fable tragique écrite par l'artiste et universitaire guinéen désormais réfugié à Lyon Soulay Thiâ'ngel qui raconte l'histoire d'une sœur qui « décide de faire sauter toute la famille pour que cesse l'infernal cycle des douleurs renouvelées, pour tout purifier ».

Ou encore Les sans..., une pièce inspirée des Damnés de la Terre de Franz Fanon, texte de référence sur le colonialisme et ses mécanismes préfacé par Jean-Paul Sartre et interdit en France à sa parution (en pleine guerre d'Algérie). Sans oublier la chorégraphe et danseuse Agathe Djokam Tamo, qui présente en première française son spectacle À qui le tour ?

Festival Sens interdits, jusqu'au 27 octobre, www.sensinterdits.org




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer