Fermer la publicité
Toute l'info éco, juridique, collectivités... à Lyon et dans la région / Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département

Semaine de quatre jours : "Un pari de confiance de la part des entreprises"

Publié le - - Services

Semaine de quatre jours : "Un pari de confiance de la part des entreprises"
DR - Thierry Rochefort

Thierry Rochefort, professeur-associé à l'IAE Lyon sur les questions de la gestion des ressources humaines, de la santé et de la qualité de vie au travail, analyse un phénomène qui commence à se développer dans quelques entreprises : réduire le temps de travail et passer à la semaine de quatre jours ou 32 heures.

Comment est appréhendée la notion de temps de travail, outre l'aspect légal, par d'un côté les entreprises et de l'autre les salariés ?

"La notion de temps de travail est appréhendée par les salariés et les directions de la même manière. Aujourd'hui, on parle davantage de porosité entre le temps de travail effectué à l'atelier ou au bureau, et le travail que l'on importe de plus en plus à la maison. De nombreux secteurs professionnels, même dans la catégorie des ouvriers, importent du travail à la maison, en partie dû à la généralisation de l'ordinateur portable et du smartphone.

Le travail est devenu plus exigeant, ne serait-ce que parce qu'il est davantage contrôlé sous la forme de reporting. Cette notion de porosité est ainsi une vraie question qui incite à s'interroger sur la réelle réduction de temps de travail ou le déport du travail dans la sphère privée."

LIRE AUSSI : LDLC, IT Partner... pourquoi ils misent sur la semaine de quatre jours

En quoi la durée du temps de travail influe-t-elle sur la productivité d'une entreprise ?

"Cette question est à différencier selon les métiers et les activités. Il est clair que si, par exemple, la réduction du nombre de jours travaillés s'accompagne d'une augmentation des horaires, les dernières heures ne seront pas nécessairement très productives. Si, par contre, on a affaire à une vraie diminution du nombre horaire, on peut considérer que la productivité reste égale. Mais est-on capable de concentrer en moins d'heures ce qu'on faisait avant en plus d'heures ?

l y a peut-être un risque d'intensification, en se dépêchant d'effectuer ses tâches. Il y a aussi peut-être le risque de perdre en interaction avec ses collègues ou ses clients, ou en attention, tout simplement, envers son environnement, en se concentrant exclusivement sur sa tâche. A terme, de telles attitudes sont-elles réellement productives ?

En général, la diminution des horaires suppose de revoir la répartition des tâches. De telles mesures passent rarement à organisation constante. C'est l'occasion d'une nouvelle régulation entre les équipes, de montée en compétences pour certains, bref d'ouvrir le débat sur l'organisation interne."

"Plus circonspect sur une généralisation"

Toutes les entreprises peuvent-elles prétendre à un temps de travail réduit ?

"Oui, rien n'interdit aux entreprises de réfléchir à une nouvelle répartition du temps de travail, notamment du temps lié aujourd'hui à la répartition entre le temps au bureau/à l'ateliers et le temps que l'on passe chez soi.

Les leçons à tirer de la crise de la Covid-19 est le développement, voire la généralisation, du travail à distance. Une opportunité pour réfléchir à la valeur ajoutée de se trouver physiquement dans l'entreprise pour y accomplir des actions que l'on ne ferait pas de façon isolée.

En tenant compte des nouvelles potentialités du numérique et du travail à distance, les éventuelles réductions du temps de travail sont à penser pour mieux articuler vie personnelle et vie au travail. C'est dans tous les cas un pari de confiance que les entreprises font."

Se dirige-t-on vers une réduction du temps de travail ?

"Si l'accord passé pour la réduction de temps de travail est "gagnant-gagnant", c'est-à-dire un gain de productivité pour l'entreprise et des collaborateurs heureux au travail, on ne peut qu'encourager ce type de démarche.

Je suis plus circonspect sur une généralisation. Il semble que les entreprises qui engagent cette démarche soit plutôt en bonne santé financière pour pouvoir garantir les niveaux de salaires, le climat et un dialogue social de bonne qualité. Ce doit être un projet d'entreprise partagé. Pas sûr qu'une entreprise qui va mal, sans débouchés et sans perspectives, puisse se permettre une telle initiative."




Stéphanie POLETTE
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Toute l'info éco, juridique, collectivités... à Lyon et dans la région / Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer