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« Sécurité ou liberté, faut-il choisir ? »

Le 11 février dernier, le débat public intitulé « Sécurité ou liberté, faut-il choisir ? », organisé par le barreau de Lyon à l'université Lyon 3, avait été annulé pour cause de manifestation étudiante. C'est sous protection policière que cette réunion s'est tenue 18 jours plus tard.
« Sécurité ou liberté, faut-il choisir ? »
Photo : Michel GODET - Le préfet Delpuech et la bâtonnière Junod-Fanget

Vie juridiqueDroit Publié le ,

A l’heure où la prolongation de l’état d’urgence a été votée et le projet réforme de la procédure pénale sera examiné par le gouvernement courant mars, le barreau de Lyon et son bâtonnière Me Laurence Junod-Fanget, qui défendent l’état de droit et le respect des libertés dans la démocratie, a proposé aux citoyens une réflexion ouverte et accessible sur ces projets et leurs conséquences pour les libertés.

Une conférence-débat « à charge » : face aux projets de loi anti-terroriste et de réforme constitutionnelle et législative nés en réaction à la menace terroriste, le barreau a souhaité s’exprimer et faire état de sa plus vive inquiétude et de son extrême vigilance face aux risques d’abus, tout en rappelant son attachement aux valeurs fondatrices de notre démocratie.

De nombreuses personnes ont pris part au débat dans une atmosphère quelque peu tendue au sein de l’université Jean-Moulin Lyon 3 : des étudiants bien entendu, mais aussi des avocats, juristes, universitaires, magistrats, ainsi que le préfet Michel Delpuech qui a fait valoir la ligne de conduite du gouvernement au sujet de l’état d’urgence. Une mesure temporaire qui pourrait malgré tout s’inscrire dans le temps…

Pour le professeur Marie-Laure Basilien-Gainche, « cet état d’urgence, qui a une fâcheuse tendance à s’insinuer dans le temps, est inutile voire inconséquent. Il est aussi exceptionnel face aux circonstances de par sa durée et ses réductions de liberté ». Cette dernière parlant même à ce sujet d’entropie : « Pour répondre au désordre, on crée un désordre ».

Le conseiller d’état et président de la cour administrative d’appel de Lyon, Jean-Marc Le Gars, a pour sa part défendu l’intégrité de sa juridiction qu’il estime « attaquée », et de l’ équilibre entre l’administratif et le juridique.

Quant au professeur émérite Yves Mayaud (Panthéon Assas - Paris II), il a largement insisté sur le droit commun, qui devrait reprendre ses droits après le 26 mai, sauf si l’état d’urgence est à nouveau prorogé. « Plus les choses sont complexes, plus il faut revenir à l’essentiel, afin de ne pas se laisser entrainer par les désordres de la pensée ».

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