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Sang limite…

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Le 29 avril. La date a été cochée depuis des lustres par les automobilistes lyonnais et autres usagers en provenance des communes limitrophes. A partir de lundi prochain, la vitesse « tombera » de 90 à 70 km/h sur le périphérique de la capitale des Gaules. La signalétique a été modifiée. Les radars réglés. Officiellement, comprenez d'après la version du président de la Métropole de Lyon, David Kimelfeld, cette mesure a été décrétée pour réduire drastiquement les effets néfastes du flux routier sur la qualité de l'air. Un abaissement rendu quasi obligatoire pour redorer l'image d'une métropole, et par extension du département du Rhône, fustigés par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes pour la pollution omniprésente. Deux territoires excédant en tous cas sensiblement les seuils sanitaires de l'Organisation mondiale de la Santé. Lors de l'annonce, terriblement impopulaire, de la limitation de la vitesse maximale à 80 km/h sur les routes secondaires, Edouard Philippe avait certes justifié cette mesure par une volonté gouvernementale de réduire la pollution mais surtout de faciliter la fluidité du trafic, tout en sécurisant ce dernier. Ces ultimes arguments entrent dans le discours du président de la collectivité lyonnaise, qui ajoute, comme conséquence bénéfique, « une diminution du bruit pour les habitants des 30 000 logements situés le long du boulevard Laurent Bonnevay ».

Respect de l'environnement, amélioration du cadre de vie, régularité des déplacements, partage optimisé de l'espace public… Ces pénétrantes arguties d'une analyse que l'on pourrait croire dirigée contre l'automobiliste, persona non grata, réceptacle de tous les maux, ne doivent pas cacher la raison principale de telles mesures : la baisse de l'accidentologie, et son corollaire, celle de la mortalité. La récente actualité nous le rappelle avec un froid constat : la hausse de la mortalité routière en France métropolitaine en mars. Selon les estimations de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, le nombre de personnes décédées a crû en comparaison à mars 2018. Tendance identique pour les autres indicateurs, celui des accidents corporels et celui des blessés. Ce mois de mars fait écho à l'évolution trimestrielle, qui se caractérise par une hausse de la mortalité, notamment en agglomération (241 tués contre 211 en moyenne sur cinq ans).

On se souvient que 2018 a connu un plus bas historique. L'inquiétude prédomine donc pour l'exercice en cours. Mandaté pour évaluer les effets de la « mesure 80 km/h », le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement constate une légère augmentation de la vitesse entre décembre 2018 et février 2019. Un relâchement dans le comportement des automobilistes imputable au vandalisme sur les radars, dont de nombreux sont aujourd'hui hors service. C'est le cas dans le Puy-de-Dôme, mais aussi en Isère, où près de la moitié des radars a été vandalisée. D'où le coup de gueule du préfet, en colère envers ceux qui « fragilisent la sécurité routière ».

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