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Sénatoriales - Et de deux pour la gauche !

Publié le - - Société

En Rhône-Alpes, seuls les grands électeurs de la Loire et l’Isère votaient pour le renouvellement de leurs sénateurs, dimanche 25 septembre.

Deux départements qui viennent de basculer à gauche avec six sénateurs contre trois pour le parti de la majorité. Une « victoire » pour le Parti socialiste et les courants affiliés saluée par nombre de personnalités dont Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes. « Ces élections renforcent le poids de la gauche au sein de la Haute-Assemblée. Pour la 1re fois depuis 1958, l’alternance au Sénat paraît aujourd’hui possible », dira-t-il dans un communiqué.
Dans la Loire, le fait à remarquer est l’élection de Maurice Vincent, maire socialiste de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole. Troisième sur la liste conduite par la gauche dans le département, il ne se faisait guère d’illusion quant à sa victoire. Et pourtant… Il vient d’obtenir son ticket d’entrée au Palais du Luxembourg, tout comme la jeune PCF, Cécile Cukierman, PCF. Quant à la tête de liste, Jean-Claude Frécon, il rempile aussi pour six nouvelles années. Du côté de la droite, on fait grise mine, seul Bernard Fournier a été réélu dans ses fonctions, alors que Bernard Bonne, président du conseil général et 2e sur la liste, briguait une place de sénateur.
En Isère, la situation est quelque peu similaire à un détail près : ici, cinq sénateurs ont été élus ou réélus au lieu de quatre – suite à la création d’un nouveau siège à l’instar d’autres départements : Oise, Maine-et-Loire, La Réunion et la Nouvelle-Calédonie.
Ici, la droite en perd un au profit de la gauche. Bernard Saugey et Michel Savin représenteront donc l’UMP à la Haute-Assemblée. La gauche tous bords confondus, elle, en aura 3. André Vallini, président du conseil général de l’Isère, Annie David, sénatrice communiste, et Jacques Chiron, adjoint au maire de Grenoble.

29 sénateurs en Rhône-Alpes

Avec l’élection de six sénateurs, la gauche en Rhône-Alpes compte désormais 17 élus sur 29, dont trois dans la Drôme et le Rhône, deux en Ardèche et dans l’Ain, puis un en Savoie. Des départements qui, avec la Haute-Savoie, seront concernés quant à eux par le second renouvellement des sénateurs, en 2014.
La droite, elle, perd deux sièges, et en compte dorénavant neuf : deux dans les départements du Rhône et de la Haute-Savoie, un dans l’Ain et en Savoie. Les trois autres sièges (Rhône et Haute-Savoie) étant occupés par des élus centristes.
Depuis dimanche, la répartition des sénateurs en Rhône-Alpes a quelque peu changé de physionomie sans pour autant créer de raz-de-marée. La gauche rhônalpine étant déjà fortement représentée. Seulement voilà, avec les résultats du 25 septembre, le parti de l’opposition a su creuser l’écart de manière significative avec la droite, un exemple régionale qui laisse présager un avenir incertain à la majorité pour la présidentielle de 2012.

Romain Charbonnier


Un paysage en cours de changement

L’élection sénatoriale va sans doute modifi er le paysage politique français ; mais aussi celui de l’Isère, ne serait-ce que parce qu’elle libère un siège de député, celui d’André Vallini, devenu sénateur. Elle marque surtout le départ de Louis Mermaz de la vie politique.
Il était un des derniers compagnons de François Mitterrand. Il n’appartint jamais à la « cour » : quoiqu’élu de Rhône-Alpes, il ne fit jamais le pèlerinage de Pentecôte à Solutré. Futur agrégé d’histoire, c’est dans les années cinquante, alors qu’il était étudiant, qu’il avait rencontré François Mitterrand, dont le discours en faveur de l’émancipation de l’Afrique noire l’avait séduit. Il avait adhéré à son petit parti, l’UDSR (union démocratique et socialiste de la Résistance), avant de le suivre à la Convention des institutions républicaines puis au Parti socialiste : ce qui lui permettait d’avoir avec le président des rapports déférents mais directs (1).
Cet homme discret, mais loin d’être effacé, est doté d’un humour très britannique que trahit un fin sourire. A l’occasion du tournage d’un portrait télévisé, il remuait une cuillère dans sa tasse de café en regardant la caméra. « Un homme qui sucre son café, ça rassure », dit-il imperturbable mais l’oeil brillant. Son attachement à François Mitterrand était pourtant tel qu’il accepta de jouer les « bouche-trous » entre les présidentielles de 81 et 88 et les législatives qui suivaient : ministre pendant un mois, avant de devenir, dans le premier cas, président de l’Assemblée nationale et, dans le second, président du groupe socialiste, à chaque fois des tâches qui faisaient appel à son sens de la diplomatie. Son adversaire Bernard Saugey vient de saluer une carrière digne de celles de « Jacques Chaban-Delmas et Edgar Faure »…
Avant de revenir à André Vallini, un détour par Jacques-Antoine Gau, qui fut député de la même circonscription de l’Isère (à l’époque, la quatrième) à partir de 1973 et maire de Voiron à partir de 1977. Etudiant, il avait été président de la MNEF et avait contribué au virage à gauche de l’UNEF pendant la guerre d’Algérie. Animateur national de l’association « Jeunes cadres », il participe esqualités aux Rencontres socialistes de Grenoble de 1966, aux côtés de Pierre Mendes-France, André Philip ou Pierre Bérégovoy. Jacques-Antoine Gau est décédé le 22 mai 1981, soit deux jours après l’entrée en fonction de François Mitterrand. Il n’était pas enterré que l’avocate parisienne Gisèle Halimi était désignée par le nouveau président pour lui succéder aux législatives de juin et au mépris de toute correction à l’égard de son suppléant. André Vallini (2), alors jeune militant enthousiaste et néophyte, s’insurgea. Il raconte : « Je veux m’y opposer, on me répond : n’insiste pas, elle est déjà dans le train pour Voiron. » Il comprendra très vite la politique : il devint l’assistant parlementaire de Gisèle Halimi. André Vallini fait campagne pour François Hollande et le président du conseil général de l’Isère espère succéder à celui du Rhône, Michel Mercier, au ministère de la Justice l’année prochaine. L’Isère change de génération et pourrait encore changer dans les temps qui viennent.

Alain Eck


1. Né en 1931, Louis Mermaz fut député de l’Isère de 1967 à 1993 (avec une interruption de 1968 à 1973), puis sénateur de 2001 à 2011. Il fut maire de Vienne de 1971 à 2001 et présida le conseil général de l’Isère de 1976 à 1985.

2. Né à Tullins en 1956, André Vallini en est devenu le maire à l’âge de trente ans. Il était député depuis 1997 et a présidé la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau.




GiB
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