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Rien d'impossible pour des femmes d'audace et d'engagement !

Rien d'impossible pour des femmes d'audace et d'engagement !
Hector Palister Images

Economie Publié le ,

Le défilé des intervenants au pupitre a permis de valider un état de fait : aujourd’hui, l’entrepreneuriat n’est pas qu’une affaire d’hommes ! Les femmes occupent une place de choix, comme en atteste le contingent de femmes chefs d’entreprise en Auvergne- Rhône-Alpes : 30 % des 360 000 entrepreneurs de la grande région sont des femmes !

Ces dernières ont trouvé dans les quatre lauréates - Myriam Barbarin (trophée « Prix du jury ») ; Audrey-Laure Bergenthal (trophée « Femme d’audace ») ; Ilham El Youssefi (trophée « Femme d’engagement ») ; Annabelle Gréco-Jauffret (trophée « Femme de l’impossible ») - de solides ambassadrices. Honoré lors de la cérémonie de remise des prix, mise sur pied dans la magnifique salle de la Corbeille de la chambre de commerce et d’industrie de Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, ce quatuor a invité toutes les femmes à relever le défi de la création ou de la reprise d’entreprise, une belle aventure qui permet un accomplissement à titre individuel et un développement professionnel.

Entreprendre, une aventure collective

Président-directeur général du Tout Lyon affiches, Alain Milliat a souligné avec force détails les nouveautés qui émaillent la mouture 2016 du supplément Femmes décideurs, à commencer par la couverture spécifique où apparaissent les lauréates et l’ajout d’un selfie dans les portraits, qui instille une touche plus personnelle. Et de cornaquer la soirée de remise de prix, conviant l’hôte d’un jour à s’exprimer. Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, n’a pas manqué de rappeler le côté quasi exemplaire de son institution, « une des CCI, voire la CCI qui recense le plus de femmes dans son assemblée. Sur 100 élus, 41 sont des femmes. L’effort devra être porté sur le bureau où seulement deux femmes côtoient huit hommes ». Scandant que « l’entrepreneuriat au féminin doit être une réalité dans la vie de tous les jours », Emmanuel Imberton a précisé qu’entreprendre, « c’est une aventure collective ».

Dynamisme et audace

Profitant de l’une de ses dernières apparitions en responsabilité, Jean-Paul Mauduy, président de la CCI de région Auvergne Rhône-Alpes, s’est réjoui de cette manifestation, « un moment de qualité et de prestige pour valoriser l’entrepreneuriat, bousculer les préjugés et les idées reçues. Des progrès ont été réalisés mais il ne faut pas s’en contenter. Mesdames, vous incarnez le dynamisme et l’audace de notre belle région ». Apportant leur écot à ce concert de louanges, deux élues locales ont salué « celles qui osent, qui innovent, qui embauchent ». Pour Juliette Jarry, vice-présidente de la Région en charge de l’économie de proximité et du numérique, mais aussi femme chef d’entreprise (ndlr : Adéa Présence, fondée en 2006), « il faut du courage pour créer, pérenniser, développer son entreprise. C’est dur mais tellement passionnant ». Fouziya Bouzerda, conseillère déléguée à l’insertion par l’activité économique à la Métropole de Lyon, si elle notait que nous sommes « loin de cette parité entrepreneuriale vers laquelle nous voulons tendre », ne pouvait que se féliciter de voir ces « femmes ambitieuses et volontaires, justement récompensées ».

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Myriam Barbarin - Prix du jury

Récipiendaire en 2015, Léna Geitner a remis le trophée « Prix du jury » à Myriam Barbarin, soulignant que cette distinction avait constitué, pour elle, « un effet levier en termes de notoriété et de confiance en soi. Ce prix permet réellement d’avoir un rôle-modèle auprès des femmes désireuses de se lancer dans la grande aventure de l’entrepreneuriat ». Ne feignant pas sa satisfaction, la lauréate 2016 a rappelé qu’ « une vie de chef d’entreprise est difficile. Il faut savoir se surpasser et aller au bout de ses rêves. Mais ce que j’aime en tant que chef d’entreprise, c’est la liberté ».

Myriam Barbarin, élève dissipée, pitre de la classe et garçon manqué, se moquait bien de la réflexion classique : « Si tu ne travailles pas bien à l’école, tu finiras femme de ménage ! » Au contraire, ce vieil adage a sans doute dû éveiller en elle une attirance pour un métier qui deviendra une passion. « Etre une femme a été un vrai atout. En général, ce sont les femmes qui font le ménage. On possède les bases techniques, on peut donc être meilleures. » En 1998, l’entreprise 2ms s’installe dans son premier bâtiment et compte 38 personnes. En 2001, Myriam Barbarin décide d’accélérer le pas et rachète une entreprise de nettoyage avec trente nouveaux chantiers. La PME 2ms exerce son activité de nettoyage et propreté dans les entreprises tertiaires, les industries, les collectivités, les cabinets médicaux, les commerces et les copropriétés de la région valentinoise. Des prestations sur mesure exécutées par près de 260 personnes. L’entreprise a réalisé 3,7 M€ de chiffre d’affaires en 2015 et a mis en œuvre une démarche RSE et une veille technologique sur les nouveaux produits et matériels respectueux de l’environnement, dans la lignée de sa norme qualité Iso 9001. Elle va prochainement déménager sur un site de 1 000 m2.

Annabelle Gréco-Jauffret - Trophée Femme de l’impossible

« J’ai une histoire atypique. Ce n’est pas banal une femme dans l’univers de la mécanique ». Annabelle Gréco-Jauffret, la « Femme de l’impossible » qui a reçu son trophée des mains de Corinne Steinbrecher, directrice administrative et financière de la Caisse des Dépôts, n’était pas destinée à prendre la tête de Chavot, l’entreprise dirigée par sa famille depuis plusieurs générations, à Saint-Etienne. Et pourtant… En 2008, rentrant d’un salon professionnel, son père est victime d’un infarctus qui le contraint au repos. « J’ai assuré l’intérim, même si je n’étais pas dans l’optique de prendre la tête de l’entreprise à cette époque,se souvient-elle. On était en pleine crise économique. Je me suis dit que si j’y arrivais à ce moment-là, c’est que j’étais faite pour ça ». Et la jeune femme, qui n’a pas encore 30 ans, semble s’en être plutôt bien sortie. Son père, ensuite, lui laisse de plus en plus de responsabilités dans la gestion. « Il m’a laissé faire mes propres choix, quitte à me tromper, il me disait : ‘‘ C’est comme ça qu’on apprend ’’ ». En janvier 2014, son père prenant sa retraite, Annabelle Gréco-Jauffret est devenue propriétaire de l’entreprise familiale, à 33 ans.

La société Chavot, initialement spécialisée dans le perçage de canons de carabine, a diversifié ses activités et s’est spécialisée dans le forage profond. Aujourd’hui spécialiste dans le domaine, le savoir-faire de la société s’étend également aux opérations d’alésage, de carottage, de reprises type lamage, taraudage, et d’une partie usinage. Ses clients sont des entreprises de l’aéronautique, du nucléaire, du médical, du secteur pétrolier ou encore de l’armement. L’entreprise se positionne sur des produits de haute technologie, emploie sept personnes et réalise un chiffre d’affaires de 1,5 M€.

Audrey-Laure Bergenthal - Trophée Femme d’audace

« Les formes figées des mannequins sont conçues pour des corps de poupée, et ce n’est pas réaliste, le corps humain étant en mouvement permanent ». Audrey-Laure Bergenthal n’a que 23 ans, lorsque germe, dans son imagination fertile, ce projet un peu fou : se lancer dans la mise au point d’un mannequin révolutionnaire et évolutif pour le prêt-à-porter. Le parcours sera long et difficile. Mais Audrey-Laure est pugnace, courageuse et dispose juste ce qu’il faut d’inconscience. Elle monte un atelier de sur mesure, ouvre un cours de mode, enseigne à Sciences Po Paris et devient consultante en innovation pour de grands groupes. A 28 ans, elle fonde son entreprise, Euveka. Cette start-up, implantée à Portes-lès-Valence, propose donc « une solution pour la personnalisation morphologique à l’échelle industrielle ». Preuve de la réussite prochaine d’Euveka : la levée de fonds en 2015 a permis de récolter plus d’1,1 M€.

« Je me suis toujours dit qu’avec 50 % d’audace et 50 % d’inconscience, on finit toujours par y arriver », a avoué Audrey-Laure lors de la cérémonie de remise des prix. Directeur général du CIC Lyonnaise de banque, Isabelle Bourgade, qui a remis le trophée Femme d’audace à Audrey-Laure, a vu en ce projet, « le fruit de beaucoup de courage et de ténacité. En tant que banquier, nous sommes aux côtés des gens qui osent et entreprennent. Nous ne pouvons que nous réjouir de ces belles réussites et de la valorisation de parcours de femmes de qualité ».

Ilham El Youssefi - Trophée Femme d’engagement

« C’est beaucoup de sacrifices, mais aussi beaucoup de passion. Gendarme, c’est comme chef d’entreprise, ce n’est pas un métier routinier ». Après avoir reçu son trophée « Femme d’engagement » des mains de Stéphane Réau, membre du comité régional Action Logement Auvergne Rhône-Alpes, Ilham El Youssefi a dévoilé son parcours, et son rêve d’adolescente : « J’ai toujours voulu être ma propre patronne ».

Après son bac, elle s'interroge. Une publicité éditée par la gendarmerie et c'est le déclic. « J'ai passé le concours, je l'ai réussi, je me suis engagée. Et puis il y avait peut-être le prestige de l'uniforme… » Elle quitte sa famille pour les bancs de l'école de la gendarmerie à Montluçon, puis elle rejoint Nice pour sa première affectation. « À 23 ans, j'ai été intégrée au peloton d'intervention attaché à l'aéroport, j'y ai passé deux très belles années », indique la militaire, ensuite détachée à Marseille, Mâcon et La Verpillière, son dernier poste. Au terme de cette décennie, elle réfléchit. « Quand on crée une entreprise, autant le faire sur la base de ce que l'on aime faire, de ce que l'on connaît le mieux. Pour moi, c'est la sécurité, je me sens très à l'aise dans ce secteur ». Ely Sécurité a ainsi vu le jour. Elle se lance avec son associé - son compagnon, également ancien gendarme - sans véritable formation. « J'ai tout appris sur le tas, grandi peu à peu, uniquement grâce à mon ancienne expérience ».

Ely Sécurité s'étoffe. Aujourd’hui, l’entreprise basée à Bourgoin-Jallieu, dans l’Isère, emploie 20 salariés équivalent temps plein et a réalisé 460 000 € de chiffre d'affaires en 2015. Elle intervient, depuis 2011, sur l'ensemble de la région Rhône-Alpes sur le marché de la sécurité et du gardiennage privé.

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