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INTERVIEW Richard Brunel : "Faire de l'Opéra de Lyon un lieu ouvert, citoyen et qui reflète le monde"

Désormais à l’aise dans son costume de patron de l’Opéra de Lyon, Richard Brunel n’entend pas pour autant remiser sa casquette de metteur en scène et d’artiste. Un "en même temps" qu’il compte mettre au service de "l’une des maisons les plus inventives d’Europe".
Richard Brunel : "Faire de l'Opéra de Lyon un lieu ouvert, citoyen et qui reflète le monde"
© Jean-Louis Fernandez

ActualitéGrand témoin Publié le ,

Après plusieurs mois de préparation aux côtés de votre prédécesseur, Serge Dorny, vous dirigez désormais pleinement l’Opéra de Lyon. Comment appréhendez-vous cette double casquette de dirigeant-créateur ?

J’ai un peu d’expérience : dix ans à la Comédie de Valence, où je travaillais déjà avec une équipe, certes plus réduite, et une expérience du public. Et puis avant, plus jeune, j’ai dirigé une troupe, eu ma première entreprise... En tant que metteur en scène, j’ai toujours travaillé avec les autres.

Je veux vraiment m’inscrire dans cette collégialité, car je ne suis pas seul, je ne travaille pas seul : je m’appuie sur toute une équipe (l’Opéra de Lyon compte 325 permanents, Ndlr) et notamment le comité de direction d’une grosse dizaine de personnes.

Serge Dorny a été extrêmement engagé et responsable dans cette période de transition. Il m’a associé à tous les choix structurants, notamment lors de la composition de cette équipe, que j’ai presque pu entièrement choisir pour le bien de la Maison. Le spectacle vivant est un art collectif. Une autre composante tout aussi essentielle : notre conseil d’administration avec qui j’ai déjà travaillé depuis ma nomination puisque je leur ai présenté les grandes lignes à venir.

Quel est donc votre projet pour l’Opéra de Lyon ?

D’abord, j’insiste sur l’idée de la continuité et de la responsabilité à tous les niveaux. C’est pourquoi, cette nouvelle saison est avant tout celle de l’héritage : naturel, celui de mon prédécesseur, et celui, un peu plus compliqué, de la crise sanitaire. Je voulais absolument que les projets engagés soient tenus : pour des questions financières, mais aussi artistiques.

Il faut que les artistes puissent voir l’accomplissement de leur travail. Par exemple, nous avons réinscrit tous les concerts de musique de chambre et les ballets qui n’ont pu se jouer. Et puis j’ai présenté de nouvelles pistes pour l’avenir, comme la présence de nouveaux chefs et cheffes d’orchestres ou de metteurs et metteures en scène, voire même d’interventions d’artistes que l’on n’attend pas sur certains registres et des projets hybrides.

Des personnalités à découvrir et que l’on va pouvoir accompagner tout au long de ces années. Car j’ai aussi rappelé que l’Opéra de Lyon est une maison de création et que la nouvelle génération pourra y prendre sa place.

La question de la parité ne se pose d’ailleurs pas pour moi, tant c’est évident. Autre chose qui me tient à cœur : la place de la jeunesse. Que ce soit celle de la Maîtrise de l’Opéra ou celle du public. Il y a une diversité possible des publics : nous comptons 20 % d’abonnés fidèles et précieux.

Cela veut dire que 80 % du public vient au moins une fois par an pour voir un opéra, un ballet ou un concert, et c’est remarquable. J’ai envie de faire de cette Maison un lieu ouvert, citoyen et qui reflète le monde. Cette maison a une capacité d'émancipation locale, régionale, métropolitaine, régionale et nationale. Et bien sûr internationale : une partie de notre public traverse nos frontières." La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

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