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Revue du barreau : les avocats en ordre de marche pour monter sur les planches

le - - Droit

Revue du barreau : les avocats en ordre de marche pour monter sur les planches
Eric Jeantet et Joëlle Forest-Chalvin

La Revue du Barreau est un grand rendez-vous culturel et festif qui rythme la vie des avocats lyonnais depuis 70 ans. Suite à la dernière édition en 2016, une cinquantaine de « robes noires » préparent un nouveau spectacle intitulé « Maîtres à bord » pour 3 représentations les 1er, 2 et 3 juillet aux Céléstins, et dont le Tout Lyon est l'un des partenaires. Sur fond de critique de la vie politique et juridique, ces pièces de théâtre mêlent railleries, rosseries et danses… Grinçant parfois corrosif pour certains, ce moment de « mise en boîte » reste toujours très attendu. Parmi les comédiens, Eric Jeantet (ancien bâtonnier de 2004 à 2006) et Joëlle Forest-Chalvin (vice-bâtonnière à partir de 2020) expliquent pourquoi ils se sont lancés dans l'aventure.

Est-ce si surprenant de voir des avocats monter ainsi sur les planches ?

Joëlle Forest-Chalvin : C'est une grossière erreur de croire que l'avocat ne joue qu'au golf ! D'ailleurs la revue du barreau prouve qu'un grand nombre de confrères sont passés sur les planches depuis toutes ces années. Je considère personnellement qu'il s'agit d'une « parenthèse enchantée » entre notre quotidien privé et professionnel. Notre activité peut être conflictuelle et émotionnellement éprouvante. C'est une aventure conviviale et motivante qui fait surtout beaucoup de bien au moral !

Eric Jeantet : Nous sommes tous un peu cabotins dans l'âme ! Le monde de la justice, celui des prétoires précisément nous met dans une situation de jeu de rôle, avec un protocole associé qui participe de ce décorum. Monter sur les planches est un moyen de s'amuser et au passage de critiquer la classe politique et même certains pans de notre profession en s'amusant et de manière saine. Certains peuvent en prendre pour leur grade mais l'ambiance de la revue reste bon enfant.

Comment avez-vous connu la revue du barreau et pourquoi y avez-vous adhéré ?

J.F-C : J'ai effectué mon stage chez Maître Dolard et la première chose qu'il ma dite est que je devais absolument intégrer la revue du barreau lorsque j'aurais prêté serment. En m'expliquant que j'allais croiser des confrères que je n'aurais pas l'occasion de rencontrer ailleurs et ce, dans une ambiance conviviale. C'est ce que j'ai fait en 1996 ! Et je confirme, que c'est une grande famille où l'on s'y sent bien.

E.J. : Mon père était membre de la revue du Barreau et je l'accompagnais aux répétitions et aux représentations. J'ai pu me familiariser avec l'ambiance et la troupe. Je me suis ensuite engagé naturellement dans l'aventure après ma prestation de serment en 1980. Je rejoins Joëlle sur le fait qu'il s'agit d'une grande famille. On peut y croiser des confrères avec qui on a des divergences sur le plan professionnel mais qui se révèlent autrement sur les planches. Il y a tellement une belle osmose que parfois le cercle apparaît trop fermé, trop clanique, ça manquerait presque d'ouverture !

En termes de posture, existe-t-il des similitudes entre le théâtre et votre métier d'avocat ?

J.F-C : Pour ma part, en tant que danseuse à la revue, je trouve qu'il est plus facile de lever la jambe que de défendre un dossier ! Sinon, que l'on enfile sa robe pour plaider ou son costume pour jouer, on quitte dans les deux cas son rôle d'homme ou de femme, de parent ou de citoyen. Je trouve par ailleurs que la scène est plus exigeante en termes de règles que celles liées au protocole d'une salle d'audience.

E.J : Les similitudes existent entre les deux mondes. Dans les deux cas on entre dans une fonction d'acteur. Je trouve en revanche qu'il est plus difficile d'apprendre un texte que préparer une plaidoirie !

Que retirez-vous d'un tel engagement, quelle sont les vertus liées à la pratique théâtrale ?

J.F-C : C'est un réel engagement effectivement et parfois il y a des soirs où l'on aimerait juste rentrer chez soi. Mais une fois que l'on y est, la motivation revient. Le théâtre génère aussi de l'adrénaline et du plaisir. C'est aussi un moment de partage et d'échanges avec des confrères avec qui l'on ne prend pas toujours le temps de discuter. Et puis je dirais aussi que jouer au théâtre reste pour moi une échappatoire.

E.J. : L'adhésion du public à chaque représentation procure beaucoup de satisfaction. Comme l'indique Joëlle, il y a des moments de démotivation, un peu comme lorsqu'il faut aller courir sous la pluie… Avec deux répétions par semaine, c'est parfois un peu lourd à intégrer dans un emploi du temps déjà chargé. Mais l'effet groupe revigore et nous tire vers le haut quand cela est nécessaire. C'est une richesse.




Julien THIBERT
Journaliste

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