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Révolution(s) au ballet de l'Opéra de Lyon

Le nouveau programme du ballet réunit la fine fleur de la danse d'aujourd'hui. Trois chorégraphes de la génération montante, Tania Carvalho, Rachid Ouramdane et Emanuel Gat.
Révolution(s) au ballet de l'Opéra de Lyon
Michel Cavalca - Sunshine de Emmanuel Gat

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Révolution(s), c'est le titre du nouveau programme du ballet de l'Opéra de Lyon. Un programme résolument contemporain qui fait la part belle aux jeunes créateurs. Soit trois chorégraphes qui, chacun à leur façon, ont le vent en poupe. Le premier Emmanuel Gat, est la coqueluche des programmateurs, le deuxième Rachid Ouramdane vient d'obtenir la co-direction du CCN de Grenoble et la troisième Tania Carvalho, jeune artiste portugaise, avait fait sensation lors de la dernière Biennale de la danse, avec une version toute personnelle de l'Odyssée

Elle présente d'ailleurs la création de la soirée, puisque les deux autres pièces sont déjà entrées au répertoire, respectivement en février et septembre 2014, même si elles n'ont été présentées qu'une fois. Xylographie est une pièce pour 18 interprètes autour de la notion de multiple. Tania Carvalho, qui n'a jamais travaillé auparavant pour une grande compagnie, reprend le procédé de la xylographie pour l'appliquer au geste. Soit trois groupes de six interprètes qui combinent des figures, les figent en statuaire, les reprennent à l'unisson ou bien en décalé, composant un kaléidoscope de gestes, totalement abstraits ou concrets, invitant le spectateur à construire son propre imaginaire. Une création attirante pour une artiste habitée.

Sunshine, créée pendant la dernière Biennale, prolonge la recherche que poursuit depuis ses débuts le chorégraphe Emmanuel Gat, une réflexion sur la structure et l'espace. La pièce commence avec la première minute de la Suite n°2 de Haendel, rideau fermé, le groupe apparaissant peu à peu, immobile, en cercle, puis la musique s'arrête, remplacé par des voix, des accords et le groupe explose en lignes de fuite, dans toutes les directions. Ici, nulle narration possible, seul le mouvement découpe l'espace, le recompose, le dissémine, la bande-son (réalisée par le chorégraphe qui signe aussi les lumières), un enregistrement multi-piste d'une répétition de l'orchestre servant de fil rouge à cette pièce purement abstraite, réjouissante pour cette raison même.

Comme Tout autour de Rachid Ouramdane qui tisse une étrange correspondance avec Sunshine, dans sa vision d'un mouvement circulaire, un flux (presque) ininterrompu tandis que les silences arrêtent le mouvement dans Sunshine, telle une photographie d'un prisme en perpétuelle déconstruction. Alors que Rachid Ouramdane procède par accumulations, jusqu'à la saturation, Emmanuel Gat privilégie le fragment, la dispersion, la suspension. Les deux ne se comparent pas mais peuvent résonner, d'une abstraction l'autre, du minéral à l'aquatique.



Toboggan, 9 au 13 février

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