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Rétromobile : Berliet entretient l'histoire de l'auto

Rétromobile : Berliet entretient l'histoire de l'auto
L'arroseuse-balayeuse Renault de 1928

Art de vivreAutomobile Publié le ,

Si Rétromobile existe depuis 1976, la Fondation de l'automobile Marius Berlet, sa dénomination officielle, y expose chaque année depuis 1983. Et depuis quinze ans à Epoq'Auto, autre beau rendez-vous lyonnais de l'automobile ancienne. C'est dire combien cette entité, reconnue d'utilité publique depuis 1982, prend à cœur la mission qu'elle s'est assigné : « Connaître le passé pour comprendre le présent et mieux imaginer l'avenir », au travers du prisme de l'histoire de l'automobile française.

Car qui sait qu'aux balbutiements de l'automobile, une centaine de constructeurs opéraient sur la seule grande région lyonnaise ? Mais le ciment originel de cette structure associative, qui réunit aujourd'hui des passionnés de cette histoire passablement méconnue, c'est évidemment le constructeur lyonnais Berliet, naguère l'un des acteurs majeurs dans l'univers du camion et du véhicule industriel national. Mais il avait également produit des voitures particulières, jusqu'en 1939.

Hélas, bien des vicissitudes, puis une mauvaise conjoncture, mit fin à « l'épopée » Berliet en 1974. Néanmoins, pour Paul Berliet, alors aux commandes de l'entreprise éponyme, pas question de tirer un trait sur cette aventure familiale et tout le patrimoine s'y rattachant, immobilier, véhicules conservés et fonds d'archives. C'est ainsi que la Fondation de l'automobile Marius Berliet - au nom de celui qui fut à l'origine de la saga familiale amorcée en 1899 - vit le jour. En élargissant toutefois sa mission au-delà de la seule marque Berliet, englobée dans la sauvegarde et la valorisation du patrimoine automobile de la grande région lyonnaise, et de l'histoire du camion français en général. Renault, alors impliqué dans la reprise industrielle de la marque, apportant aussi son concours.

Sous l'impulsion de Paul Berliet, jusqu'à sa disparition en 2012, puis celle de sa fidèle assistante, Monique Chapelle, aujourd'hui encore l'une des chevilles ouvrières majeures pour catalyser l'élan et la passion des bénévoles qui la font fonctionner et grandir, la Fondation Berliet s'enorgueillit d'avoir restauré quelque 250 véhicules anciens, issus d'une trentaine de marques.

L'un des fleurons de cette collection, patiemment constituée depuis 1884, en est certainement le spectaculaire Berliet 100 pétrolier, dont les 6 énormes roues dépassent de beaucoup la taille d'un homme debout. Il était l'an dernier l'une des stars du précédent Rétromobile, d'autant qu'il était difficile de ne pas le voir, vu son gabarit hors norme !

Et pour la 45e édition de Rétromobile, du 5 au 9 février à Paris Porte de Versailles, la Fondation Berliet change de registre en exposant une arroseuse-balayeuse Renault, type IK de janvier 1928. Petit clin d'œil, peut-être, aux prochaines élections municipales, cette réalisation permet surtout de rappeler qu'au début du XXe siècle, plus de 6 000 cantonniers œuvraient à Paris pour la nettoyer avec un balai et une « brouette crottineuse ». Mais dès 1911, les usines Renault de Billancourt commencèrent à produire les premiers véhicules adaptés aux services municipaux.

Plus moderne et dotée d'un réservoir d'eau de 5 000 litres, l'arroseuse-balayeuse Renault de 1928 faisait bien sûr le boulot de moult cantonniers... mais restait chère en exploitation. Ainsi, le balai rouleau brosse cylindrique devait être remplacé tous les 200 kilomètres, soit après cinq jours de travail. Composé de touffes de bambou en lamelles reliées par un fil et repiquées à la poix sur un rouleau, il était confectionné en série par des ouvrières, dénommées « femmes loqueteuses » car elles fabriquaient des « loquets ». Comme quoi l'histoire de l'automobile peut aussi faire revivre le quotidien oublié des gens d'autrefois...

Abritée dans un conservatoire, et non un musée, la collection de la Fondation Berliet peut se visiter occasionnellement par l'intermédiaire de l'Association des Amis de la fondation, notamment le 16 mai prochain. Le fonds d'archives est quant à lui ouvert aux chercheurs, pris dans son sens le plus large, de l'universitaire au passionné éclairé.

Contacts : fondation.berliet@wanadoo.fr / www.fondationberliet.org, tél. 04 78 54 15 34

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