Retro théâtre 2

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Retro théâtre 2
Sonia Barcet - Catheirne Higel et Didier Bezace dans le duel fraternel de "Retour au Désert"

DossiersRetrospective 2015 Publié le ,

L’année Koltès

Bernard-Marie Koltès a connu une carrière théâtrale fulgurante, brutalement interrompue le 15 avril 1989 par le sida. Il avait 41 ans. Dramaturge français parmi les plus joués dans le monde, il venait de publier Roberto Zucco que Richard Brunal a monté, en ouverture de saison à la Comédie de Valence. Un spectacle remarquable qu’on espère voire repris la saison prochaine sur une scène lyonnaise.
Koltès a laissé de nombreux chefs d’œuvre, parmi eux, l’inattendu Retour au Désert, la création de rentrée d’Arnaud Meunier à la Comédie de Saint-Etienne (le spectacle sera repris dans quelques semaines aux Célestins). Dans cette pièce écrite sur mesure pour Jacqueline Maillan, le dramaturge règle les comptes avec la France de son adolescence embourbée dans la guerre d’Algérie. Arnaud l’a montée dans l’esprit du théâtre bourgeois avec de grands numéros d’acteur, des rôles sur mesure pour Catherine Higel et Didier Bezace qui dominent le plateau.
En mai, Roland Auzet nous invitait au Centre commercial de la Part-Dieu pour La Solitude dans les champs de Coton. Souvent jouée dans des lieux improbables, cette pièce a montré qu’elle avait toute sa place dans la jungle de la société de consommation, lieu de toutes les transactions, même les plus illicites, où les badauds indifférents aux regards de l’autre, s’enivrent des promesses de bonheur que leur proposent les vitrines. Dans le rôle du client et du dealer, deux femmes : Anne Alvaro et Audrey Bonnet. Une expérience fascinante.

Belgrade : coup de cœur, coup de poing

Coup de cœur pour le coup de poing de La Meute sur la démission de l’Europe dans les Balkans. Belgrade d’Angelica Liddell regroupe des témoignages que la jeune compagnie lyonnaise éclaire avec talent et culot. Le bruit assourdissant d’un hard rock et les projecteurs à cru, comme les éclairs de bombes, ont transformé le plateau des Célestins en champ de bataille. A ce chaos répondait le jeu très physique, l’imprécation vociférante de cinq acteurs formidables qui ont amplement mérité le prix du public, au festival Impatience en 2014.


Elémentaire, mon cher Houellebecq

Julien Gosselin a adapté Les Particules élémentaires à la scène. Ce spectacle de 4H, tendre et salace, pathétique et jubilatoire, est passé en coup de vent à Valence et aux Célestins après avoir triomphé en juillet 2014 à Avignon. Œuvre majeure de Houellebecq, ce roman règle ses comptes avec l’idéologie de Mai 68. Et l’ardoise est salée ! Du moins telle que nous la présente cette troupe d’une dizaine de comédiens-musiciens qui n’ont pas froid aux yeux pour illustrer ce texte, sans compromis. Les sexagénaires ont retrouvé leurs émois d’adolescents, les plus jeunes ont découvert, sans doute éberlués, un monde que les moins de... ne peuvent pas connaître.

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